La protection des espèces arrive au menu des investisseurs

Un obligation à impact devrait être émise en 2020 avec pour ambition de protéger la population des rhinocéros noirs en Afrique du Sud et au Kenya. - @Pixabay
Un obligation à impact devrait être émise en 2020 avec pour ambition de protéger la population des rhinocéros noirs en Afrique du Sud et au Kenya. – @Pixabay

Nouveau développement sur le marché de la finance environnementale : le rhinocéros noir devient la première espèce dont la conservation sera financée par un instrument de marché dédié.

Le Rhino Impact Bond : c’est le nom imagé d’un produit financier innovant que la Zoological Society of London et Conservation Capital introduiront sur les marchés début 2020. Il s’agit d’une obligation à impact qui financera des programmes de conservation de populations de rhinocéros noirs au Kenya et en Afrique du Sud. La population de cet herbivore a décliné dramatiquement depuis les années 70, passant de 70 000 à 5 000 individus.

 

Le Rhino Bond est une adaptation du modèle qui a fait ses preuves pour les obligations à impact social (SIB) et à impact environnemental (EIB). En pratique, un investisseur privé finance les programmes de conservation en souscrivant à l’obligation, dont la contrepartie est assurée par une fondation ou une entité publique. Le niveau des indicateurs d’impact, dans ce cas la stabilisation de la population de rhinocéros noirs, détermine les modalités de remboursement : en cas d’échec des programmes, cela peut aller jusqu’à la perte de tout ou partie du capital.

Un sujet encore peu abordé par les investisseurs

Ce nouveau type d’instrument pourrait susciter l’intérêt des investisseurs dans un domaine jusqu’ici très dépendant d’États ou de fondations avec des moyens souvent limités. Un rapport de McKinsey et Crédit Suisse repéré par le Financial Times estimait à 85 % le déficit annuel de financement du secteur de la conservation. Le marché des obligations vertes ne s’intéresse encore que peu à cet enjeu, même si quelques grands projets d’agriculture durable le prennent en compte, comme la Responsible Commodities Facility au Brésil, qui financera la réhabilitation de terres agricoles dégradées pour protéger des zones naturelles.

Il reste à espérer que la bonne volonté des investisseurs responsables ne sera pas contrariée par les intérêts des réseaux de contrebande. Le placide rhinocéros noir pourrait alors être la première espèce d’une longue série « préservée » grâce aux marchés.

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