Incendies, tempêtes, sécheresses : un coût annuel qui peut atteindre jusqu’à 57% du PIB dans certains pays

Le coût des catastrophes climatiques pèse lourd aussi sur le plan financier, alerte un nouveau rapport. @Pixabay
Le coût des catastrophes climatiques pèse lourd aussi sur le plan financier, alerte un nouveau rapport. @Pixabay

Les rapports se suivent et se ressemblent pour alerter sur le coût financier du changement climatique. Le dernier en date émane du NGFS, le réseau de banques centrales et superviseurs pour verdir le système financier, qui évalue l’impact des catastrophes climatiques dans 28 pays, entre 2015 et 2025 : celui-ci est estimé de 0,03% à 57% du PIB annuel. Pourtant, les institutions financières ne soutiennent pas encore suffisamment l’économie bas-carbone. 

Outre leur impact humain, la multiplication des événements climatiques extrêmes coûte également cher à l’économie mondiale et pénalise les systèmes financiers. Un nouveau rapport du réseau de banques centrales et superviseurs pour verdir le système financier, le Network for Greening the Financial System (NGFS), vient le confirmer. Après avoir étudié les impacts économiques et financiers d’événements climatiques extrêmes dans 28 pays, entre 2015 et 2025, il estime que les effets inflationnistes peuvent atteindre jusqu’à 17 points de pourcentage, tandis que les impacts annuels estimés sur le PIB varient de 0,03% à 57%.

En Jamaïque, l’ouragan Melissa de 2025 a ainsi entraîné une perte économique d’environ 57% du PIB jamaïcain et aux Fidji, le cyclone Winston de 2016 a provoqué une perte d’environ 30% du PIB. En Espagne, après les inondations de 2024 qui ont frappé la région de Valence, les estimations indiquent que la perte de richesse régionale s’élevait à plus de 17 milliards d’euros, soit plus de 20% du PIB régional.

« Les études de cas montrent systématiquement que les événements climatiques extrêmes concernent la production, l’emploi et les prix », explique le rapport, à des niveaux variés, « reflétant les différences d’exposition, de structure économique et de résilience » des différents pays. « L’analyse souligne également le rôle des retombées internationales, à travers le commerce, les chaînes de valeur et d’approvisionnement mondiales, ainsi que les liens financiers », souligne encore le rapport. Sabine Mauderer, présidente du NGFS et première vice-gouverneure de la Deutsche Bundesbank, juge que « face à l’intensification des risques climatiques, les banques centrales et les autorités de surveillance doivent continuer d’améliorer leurs méthodes d’évaluation de ces risques et accompagner la transition vers un avenir plus durable ».

Sortie des Etats-Unis

Le rapport souligne en effet que « les scénarios du NGFS montrent que les risques physiques (…) devraient augmenter avec le temps. Ceci souligne l’importance de développer des approches de gestion des risques prospectifs afin de mieux mesurer et anticiper l’ampleur des impacts futurs ». « À long terme, la réduction des impacts des événements extrêmes nécessitera de limiter le réchauffement climatique », est-il encore indiqué.

Le rapport, commandé par la France, à la tête du G7, a été discuté au sein du G7 Economie qui s’est tenu en début de semaine. Mais le communiqué final n’a pas pu mentionner « le changement climatique » face à l’opposition des Etats-Unis. La Réserve fédérale américaine, banque centrale de la première économie du monde les Etats-Unis, était sortie en janvier 2025 du NGFS, qu’elle avait rejoint en décembre 2020. Et depuis le mois d’octobre, les agences de régulation des Etats-Unis, dont la Fed, ont supprimé une série de recommandations, et depuis, les grandes banques américaines ne sont plus tenues de porter une attention particulière aux risques liés au changement climatique qui pèsent sur leur activité.

La banque centrale américaine quitte le NGFS au mépris de la crise climatique

Faible soutien à l’économie décarbonée

Dans sa dernière évaluation du climat du système financier, publiée le 14 mai, la World Benchmarking alliance (WBA), estimait justement que les institutions financières ne soutenaient pas suffisamment l’économie bas carbone malgré la crise des combustibles fossiles. Si plus d’un tiers des institutions financières évaluées présentent des signes initiaux de planification de la transition vers une économie bas carbone, d’importantes lacunes subsistent quant à la crédibilité de leurs plans, estime la WBA. Seules deux entreprises sur 400 – ING et la Banque cantonale de Zurich – ont pris des engagements fermes en faveur de l’abandon progressif des énergies fossiles, une étape pourtant indispensable pour démontrer la crédibilité de leurs stratégies de transition et faire face à l’aggravation des risques énergétiques, souligne l’organisme.

L’Amérique du Nord présente la plus faible prévalence de plans de transition parmi les régions étudiées (18%). Sa part moyenne d’activités financières à faible émission de carbone divulguées est de 3,2 %, ce qui correspond globalement à la moyenne mondiale. L’Europe et l’Asie centrale se classent a contrario parmi les meilleurs élèves, mais avec une part moyenne régionale d’activités financières bas carbone déclarées qui s’élève à 3,6% de l’activité totale, juste au-dessus de la moyenne mondiale.

« Cela renforce la conclusion générale du rapport selon laquelle le système financier ne réalloue toujours pas les capitaux vers des solutions à faible émission de carbone au rythme et à l’échelle nécessaires pour soutenir une transition économique résiliente, » note la WBA. « Face à l’évolution constante des attentes des régulateurs, des marchés et des parties prenantes, les institutions financières qui agiront rapidement pour renforcer leur crédibilité et leur transparence seront mieux placées pour tirer parti de la transition« , a déclaré Pauliina Murphy, directrice de l’engagement et de la communication de la World Benchmarking Alliance.

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