Mort de « Jean Pormanove », Shein au BHV,… Les 5 photos qui ont marqué l’année 2025

Cinq photos pour raconter l'année 2025.
Cinq photos pour raconter l'année 2025.

De la mort de « Jean Pormanove » aux incendies californiens en passant par l’arrivée de Shein au BHV, du retour de Trump aux reculs européens sur la durabilité : cinq photos pour raconter l’année 2025.

Jean Pormanove : la mort en streaming

Capture d’écran Le Lokal TV

Cette photo de Jean Pormanove documente l’un des drames « numériques » les plus marquants de l’année. Derrière ce pseudonyme, Raphaël Graven, streamer de 46 ans, est décédé en direct sur la plateforme Kick dans la nuit du 17 au 18 août 2025. Figure du collectif « Le Lokal TV », il apparaissait depuis plusieurs jours dans des streams où s’enchaînaient humiliations et violences, observées par des milliers d’internautes. Dès décembre 2024, une enquête de Mediapart avait mis en lumière un système de monétisation reposant sur les dons des spectateurs, incitant à ces mises en scène.

Après le décès, la justice a ouvert plusieurs procédures et ordonné la fermeture des chaînes liées à Jean Pormanove, sans bloquer la plateforme elle-même. Peu connue du grand public, Kick, créée en 2022, s’est imposée par une politique de modération très permissive. Cette image témoigne d’un basculement. Celui d’un fait divers devenu affaire publique, révélatrice des failles du streaming en ligne.

Incendies géants en Californie : le prix du feu

Photo Ali Matin / Middle East Images via AFP

La photo saisit un ciel orangé au-dessus des collines californiennes, strié par des flammes qui semblent avaler l’horizon. En janvier, les incendies de Palisades et d’Eaton ont ravagé les abords de Los Angeles, devenant la catastrophe climatique la plus coûteuse de l’année 2025. Attisés par une sécheresse extrême, des températures record et les vents brûlants de Santa Ana, les feux ont détruit des quartiers entiers, forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir et fait plusieurs centaines de victimes. Selon l’ONG Christian Aid, ils ont causé plus de 60 milliards de dollars de dégâts, soit près de la moitié du coût total des dix catastrophes climatiques les plus onéreuses de l’année.

Symbole d’une Californie en première ligne face au dérèglement climatique, cette image raconte aussi l’impasse d’un territoire devenu en partie inhabitable et parfois inassurable, où chaque étincelle peut désormais déclencher un désastre hors de contrôle.

Shein s’installe au BHV

Le 5 novembre, Shein a ouvert son premier espace physique en France, au BHV Marais. Marina Fabre Soundron

Le 5 novembre 2025, la rue de Rivoli devient le décor d’un choc frontal. Devant le BHV Marais, grand magasin fondé en 1856, une longue file de clients venus découvrir le premier espace permanent de Shein en France fait face à des militants criant leur colère. Entre eux, des forces de l’ordre. À l’intérieur, sur 1200 m², les portants débordent de vêtements à prix cassés. À l’extérieur, les huées accompagnent les premiers sacs siglés. Certains clients défendent un choix contraint par des revenus trop faibles ; d’autres y voient une chance de sauver des emplois menacés. Les opposants dénoncent au contraire un symbole de l’ultra fast-fashion entrant dans un temple du commerce parisien déjà fragilisé.

Cette photo saisit un moment charnière, celui où se cristallisent pouvoir d’achat en berne, urgence écologique et crise du commerce historique. Plus qu’une inauguration, l’arrivée de Shein au BHV incarne un affrontement social et politique, révélant les tensions profondes qui traversent la consommation contemporaine.

Trump, un an après : la planète sous décret

Scott Olson / Getty Images North America via AFP

Le 20 janvier 2025, Donald Trump prête serment pour un nouveau mandat. La photo de son investiture capture un président déterminé à remodeler la politique américaine et à peser sur les normes internationales. Dès sa prise de pouvoir, il multiplie les décrets présidentiels (plus de 220 en moins d’un an) pour affaiblir la transparence des entreprises, supprimer le bilan carbone obligatoire et réduire les régulations climatiques et financières. L’administration a torpillé l’Agence de protection de l’environnement (EPA), censuré les recherches climatiques, relancé les forages pétroliers et gaziers, et bloqué les projets d’énergies renouvelables.

Parallèlement, Donald Trump cherche à influencer les standards européens pour limiter l’impact des régulations vertes hors des États‑Unis. Cette image illustre le paradoxe d’une puissance mondiale confrontée à l’urgence écologique, mais qui, par ses décisions, fragilise la transparence, la responsabilité et l’avenir climatique de la planète.

Omnibus européen : un recul historique

Frederick Florin / AFP

Il est tard, dans la nuit du 8 au 9 décembre. Après dix mois de négociations âpres, le Conseil et le Parlement européens se sont accordés sur l’omnibus concernant les règles de durabilité appliquées aux entreprises. Sous l’objectif, le Parlement européen devient le symbole d’un recul inattendu. La CSRD, qui devait obliger toutes les grandes entreprises à publier leurs impacts sociaux et environnementaux, voit son champ réduit de 90%. La CS3D, loi sur le devoir de vigilance, est vidée de sa substance : cartographies, plans climatiques et responsabilité civile européenne sont assouplis. Seules les très grandes entreprises restent concernées.

Mais ce recul ne protège pas les entreprises, il les fragilise. Privées d’un cadre stratégique pour piloter risques et opportunités ESG, elles doivent désormais choisir leur voie : abandonner la durabilité et s’exposer à de nouvelles vulnérabilités, ou poursuivre leurs efforts et transformer la durabilité en levier de compétitivité et de résilience.

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