Les coalitions d’investisseurs mettent en place des méthodologies précises pour questionner les entreprises sur leur responsabilité sociétale. La Transition Pathway Initiative et le néerlandais NN Investment Partners expliquent, à l’occasion du Positive Investors Forum 2019 de Novethic, les résultats qu’ils ont obtenu auprès d’entreprises comme Shell, BP ou Tesla.
Les investisseurs ont commencé à demander aux entreprises plus de transparence sur leur adhésion à des organisations de lobby. Avec succès. "Shell a été le premier à publier un rapport sur la question, explique Faryda Lindeman. Des constructeurs automobiles lui ont emboîté le pas." La Transition Pathway Initiative, de son côté, a décidé d’ajouter deux nouveaux indicateurs à sa méthodologie de scoring sur le lobbying.
Une méthode efficace
En tout, 70 indicateurs clés sont observés par les analystes de l’initiative, ils permettent de scorer les entreprises dans les deux domaines de 0 à 4, des moins engagées aux plus impliquées. Les meilleures ont, par exemple, mis en place des objectifs quantifiés de réduction de gaz à effet de serre, intégré les sujets environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans le calcul de la rémunération des managers ou encore incorporé les risques et opportunités du changement climatique dans leur stratégie.
Même chose pour BP, la compagnie pétrolière avec laquelle TPI a inauguré sa méthode. À l’époque, le britannique n’avait aucun objectif public sur le climat, ils avaient donc la plus mauvaise note possible. Mais le dialogue entre la coalition d’investisseurs et BP a fonctionné. "Devinez quoi ? Deux ans après, ils étaient à 4", s’amuse la directrice de TPI.