Sommet climat : 130 banques s’engagent à aligner leurs financements sur l’accord de Paris

Les banques internationales octroient encore d'importants financements au secteur des énergies fossiles. - @NIOC
Les banques internationales octroient encore d'importants financements au secteur des énergies fossiles. – @NIOC

Les Principles for Responsible Banking montent en puissance. Lancés il y a près d’un an par une trentaine de banques, ces principes pour aligner les financements bancaires sur un objectif de réduction du réchauffement climatique reçoivent du renfort. À l’occasion du sommet Action Climat de l’ONU, 130 banques mondiales en deviennent signataires. Et devront faire des efforts massifs pour transformer leurs pratiques. 

Les banques commencent à s’inquiéter de l’impact du réchauffement climatique sur leurs activités de financement. Dimanche 22 septembre, la veille du sommet Action Climat de l’ONU, 130 banques représentant 47 000 milliards de dollars d’actifs ont signé les "Principles for Responsible Banking".  Elles s’engagent par leur signature à aligner leur activité sur les objectifs de l’accord de Paris et avec les Objectifs de développement durable (ODD). Elles s’engagent également à augmenter "massivement" leur contribution pour atteindre les ODD et limiter le réchauffement climatique.
Ces 130 établissements, qui représentent un tiers du secteur bancaire mondial, emboîtent le pas d’une initiative lancée au Climate Finance Day à Paris en novembre 2018 par une trentaine de banques en partenariat avec l’UNEP Finance Initiative. Depuis novembre, les banques fondatrices ont travaillé sur leur engagement et, le 25 juillet dernier, ont publié le détail de leurs six engagements (aligner leurs financements, augmenter les impacts positifs et réduire les négatifs, responsabilité envers les clients, prise en compte des parties prenantes, adaptation de la gouvernance et de la culture d’entreprise aux principes, transparence sur l’état d’avancement de leur engagement). Les PRB ont également détaillé la feuille de route à suivre par chaque établissement et fourni un guide pour le reporting.
De grandes banques manquent à l’appel


Cette initiative encore récente se veut l’équivalent pour les établissements bancaires des Principles for Responsible Investment (PRI), qui regroupent une communauté de plus de 1700 investisseurs mondiaux. Les banques sont d’ailleurs souvent signataires des PRI pour leurs activités de gestion d’actifs. Il manquait donc un engagement pour leurs activités de crédit, dont l’impact sur le réchauffement climatique est au moins aussi important que celles d’investissement.
La route risque toutefois d’être longue. Selon le rapport sur le financement des énergies fossiles, publié début 2019 par six ONG, les crédits accordés par les 33 principales banques multinationales pour le développement de projets fossiles se sont élevés à 1688 milliards d’euros depuis 2016. Les banques américaines, principales pourvoyeuses de ce type de crédit (690 milliards d’euros depuis 2016, selon le rapport), manquent en grande partie à l’appel. JPMorgan Chase et Wells Fargo, les numéros un et deux du classement des banques les plus engagées dans les énergies fossiles, n’ont pas signé les PRB. Citi, le numéro trois, l’a fait.
Côté banques françaises, les principaux groupes (BNP Paribas, BPCE et Natixis, Crédit Agricole, Société Générale) font partie des 130 signataires et faisaient même partie, pour certaines, des membres fondateurs des PRB. Reste à savoir comment cet engagement se traduira dans les faits. Selon le rapport des ONG, les banques françaises ont accordé 124 milliards d’euros de financements pour des projets liés aux énergies fossiles depuis 2016. Elles devront donc faire un effort massif pour s’en désintoxiquer.
Arnaud Dumas, @ADumas5
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