« Nous allons promouvoir l’expertise française en matière de finance verte », assure Ségolène Royal

Dans une interview accordée aux Échos, Ségolène Royal, ex-ministre de l’Environnement, et Gérard Mestrallet, Président de Paris Europlace et Président d’Engie, louent le leadership de la place de Paris en matière de finance verte, dans le cadre du lancement de l’initiative "Finance for Tomorow" qui vise à réunir sous une même bannière tous les acteurs français de l’économie responsable.

"Ce thème (de la finance verte) a pris beaucoup d’importance lors de la COP 21. L’une des raisons de la réussite de la conférence de Paris sur le climat, c’est que les acteurs des affaires et de la finance se sont réellement impliqués. Ils ont réalisé que le coût de l’inaction était supérieur au coût de l’action", explique Ségolène Royal dans une interview aux Échos le mercredi 14 juin.
En tant que ministre, elle assure avoir fait sa part en soutenant l’émission de Green Bonds par la France "qui ont été un énorme succès avec 21 milliards d’euros de demande de la part de plus de 100 investisseurs du monde entier". Aussi, "nous allons promouvoir l’expertise française dans le monde en matière de finance verte, et développer les échanges avec les organisations internationales et les pays qui ont adopté une démarche active, particulièrement la Chine et l’Inde", ajoute-t-elle.
Combler le vide laissé par les États-Unis
Avec le Brexit en cours et la décision américaine de quitter l’Accord de Paris, Gérard Mestrallet confirme que "l’Europe doit prendre le leadership en matière de finance verte. La place de Paris s’est forgée des compétences indéniables dans ce domaine". Il ajoute : "Il est essentiel pour nous de bénéficier du soutien de Ségolène Royal, qui incarne la COP 21, car nous avons besoin d’une voix française forte, avec une aura internationale, pour porter le travail que nous sommes en train de faire en dehors de nos frontières".
L’ancienne ministre, qui a incarné les pouvoirs publics en matière écologique, appelle aujourd’hui à s’appuyer en priorité sur la finance privée : "Le gouvernement américain ne va plus assurer ses engagements en matière de financements internationaux destinés à la lutte contre le réchauffement climatique. Notamment leur part des 100 milliards de dollars destinés à accompagner les pays les plus pauvres vers la transition énergétique (…) Cela signifie qu’il faut renforcer les modes de financement privés par rapport à des financements publics plus instables, puisqu’ils peuvent être remis en cause par une élection".
Ludovic Dupin, @LudovicDupin

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