Alors qu’il concernait seulement 50 milliards de dollars d’actifs et 181 institutions fin 2014, le mouvement Divest-Invest explose et atteint en cette fin d’année 8 000 milliards de dollars d’actifs, selon la dernière évaluation de l’ONG 350.org, publié le 13 décembre. Lancé aux États-Unis en 2012, il concerne désormais 37 pays et plus de 1 000 organisations.
La millième à avoir franchi le pas est la Caisse des dépôts et consignations (CDC), dont Novethic est une filiale, qui gère pour 173 milliards d’euros de régimes de retraite, des fonds d’épargne et d’investissements en France. Elle a annoncé qu’à partir de 2019, elle n’investirait plus dans les entreprises tirant plus de 10 % de leur chiffre d’affaires du charbon, au lieu de 20 % jusqu’à présent. Parmi les sociétés houillères exclues, on trouve ainsi RWE, qui finance des mines polluantes comme celle de Hambach en Allemagne.
28 % d’organisations confessionnelles
Il y a sept ans, le mouvement était parti d’un petit campus de la banlieue de Philadelphie. Une poignée d’étudiants activistes réussit alors à convaincre l’université de retirer son argent placé des énergies fossiles. Depuis, d’autres campus ont rejoint le mouvement avec succès, mais surtout, le mouvement s’est étendu à tous les secteurs. Parmi les désinvestisseurs, on compte aujourd’hui 28 % d’organisations confessionnelles, 18 % philanthropiques, 15 % gouvernementales, 15 % éducatives, et 14 % sont des fonds de pension.
"La portée et l’impact de ce mouvement international sont énormes. Il est alimenté par la mobilisation citoyenne de terrain, qui pousse les institutions locales à prendre position contre l’industrie fossileprincipale responsable de la crise climatique actuelle", s’est réjoui May Boeve, directeur exécutif de 350.org. "L’année 2018 a été une année décisive avec de nouveaux engagements de désinvestissement de la part de New York, de tout le pays irlandais et de centaines d’autres institutions emblématiques".
Le mouvement se fixe un nouvel objectif : atteindre 12 000 milliards de dollars d’actifs désinvestis à l’horizon 2020 et attirer 1 000 organisations supplémentaires. Il défie également les investisseurs d’atteindre au moins un taux de 5 % de solutions climatiques dans leur portefeuille. Car tout l’enjeu une fois qu’on a désinvesti des fossiles est bien de réinvestir dans les énergies renouvelables.
Concepcion Alvarez, @conce1
Formation à la carte
10 Novembre 2026
– 7h