Le financement des énergies renouvelables passe de plus en plus par le crowdfunding. Un moyen pour les épargnants de voir, concrètement, à quoi sert leur épargne et de financer en direct l’économie verte. Cette semaine, Novethic fait le tour des solutions qui permettent d’épargner de manière verte et durable.
C’est précisément le postulat de départ du crowdfunding (financement participatif, en français). Né juste après la crise financière de 2008, il visait à contourner le monde complexe de la finance, pour apporter un visage plus humain aux projets. Le principe est simple : le site de crowdfunding propose des projets à financer en les décrivant en détail, les internautes décident d’un montant à investir pour une certaine durée, et l’affaire est conclue.
Le crowdfunding en don, en prêt ou en capital-investissement, permet de savoir exactement à quoi sert son épargne et les projets liés aux énergies renouvelables commencent à se développer sur ces plates-formes. Selon Finance Participative France (FPF), l’association des acteurs du crowdfunding, les secteurs de l’environnement et les énergies renouvelables représentaient 8 % de la collecte en 2018.
Des sites spécialisés
D’autres plate-formes se sont lancées sur le même créneau. Certaines sont spécialisées uniquement dans les énergies renouvelables, comme Akuocoop, la filiale du producteur français d’énergie renouvelables Akuo Energy, Lendosphère, ou encore Enerfip, d’autres, plus généralistes, proposent aussi des projets ENR comme Wiseed, Lendopolis ou Lita.co.
Ces sites de financement participatif font vibrer la fibre écologique des citoyens français. Selon un sondage réalisé début 2019 par Yougov, pour le ministère de la Transition écologique et solidaire et FPF, un tiers des internautes finançant les énergies renouvelables citent leur sensibilité à la cause environnementale comme principale motivation pour leur investissement. Et s’ils misent leur épargne sur ces projets, c’est d’abord pour donner l’exemple du changement (56 %), mais aussi pour voir un projet se concrétiser (46 %) et enfin… pour obtenir un rendement financier (38 %).
Les autorités publiques aussi s’intéressent de plus en plus à cette forme de financement de la transition énergétique. Les appels d’offres locaux sur les énergies renouvelables de la Commission pour la régulation de l’énergie bénéficient d’un coup de pouce du ministère de la Transition écologique et solidaire depuis 2016. Lorsqu’ils incluent une participation financière de citoyens habitant à proximité des installations, les projets bénéficient d’un bonus sur le rachat de l’électricité de 1 à 5 euros par MWh. Un moyen de mieux faire accepter localement les nouvelles installations.
Arnaud Dumas, @ADumas5