Des institutions religieuses appellent à ne plus investir dans les énergies fossiles

Plusieurs organisations religieuses demandent une reprise basée sur une économie bas carbone. - @CCO
Plusieurs organisations religieuses demandent une reprise basée sur une économie bas carbone. – @CCO

De nombreux groupes religieux issus d’Europe, d’Amérique, d’Afrique et d’Asie, veulent une relance économique plus juste et bas carbone après la crise économique. Ces 42 institutions de diverses confessions ont se sont engagés à désinvestir leurs fonds du secteur des énergies fossiles. Un mouvement entamé depuis plusieurs années au sein des organisations religieuses.

Le 18 mai dernier, des institutions religieuses ont signé une lettre commune annonçant leur désinvestissement de leurs fonds des énergies fossiles. Le mouvement, coordonné par le Global catholic climate Movement et par Operation Noah, compte 42 organisations catholiques, mais aussi méthodistes, anglicanes ou encore bouddhistes, issues de 14 pays de tous les continents.
Cet appel a été lancé pendant la saison des assemblées générales des grandes entreprises. Les groupes pétroliers, comme Total, ont ainsi été interrogés sur la manière dont ils devaient réagir à la pression portée par la société civile. Le PDG Patrick Pouyanné a répondu notamment en soulignant la diversification des activités du groupe vers l’électricité.
Ce n’est pas la première fois que des institutions religieuses se prononcent en faveur du climat. Début 2019, le Pape François avait ainsi assimilé les atteintes à l’environnement à un péché. Il avait également appelé les majors pétrolières à s’engager à respecter les objectifs de l’Accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique.
De nombreux engagements
Plus de 350 institutions religieuses dans le monde ont déjà pris des engagements de désinvestissements des énergies fossiles, la dernière en date étant les jésuites britanniques. L’organisation aux 450 millions d’euros d’actifs sous gestion a annoncé en février 2020 vouloir sortir les entreprises des énergies fossiles de leurs portefeuilles d’actions d’ici la fin de l’année.
Cette fois, c’est le contexte de la crise du Covid-19 et des annonces de plans de relance qui ont fait réagir les religieux. "La crise sanitaire actuelle a mis en relief comme jamais auparavant la nécessité d’une action internationale cohérente face à cette menace globale, déclare le révérend Rowan Williams, ancien archevêque de Canterbury. Pouvons-nous en tirer la leçon et l’appliquer à la menace du changement climatique ? Pour cela, il faut prendre des mesures pour réduire notre dépendance mortifère aux énergies fossiles."
Les organisations religieuses profitent de l’annonce de leur désinvestissement pour interpeller les gouvernements sur les plans de relance qu’ils mettent en place. Elles leur demandent de se projeter à long terme, en investissant dans une économie plus "juste et bas carbone".
Arnaud Dumas, @ADumas5

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