Pour mobiliser la finance vers une économie bas carbone, les banques centrales ont un rôle central à jouer pour montrer la voie. Une vingtaine est aujourd’hui réunie au sein du réseau NGFS (Networking for greening the financial system). Ce réseau plaide pour une meilleure prise en compte des risques climatiques par le secteur financier comme l’a souligné François Villeroy de Galhau, gouverneur de la banque de France, en clôture du Climate Finance Day.
Réorienter les milliers de milliards de dollars nécessaires à la transition vers une économie bas carbone demandera la "puissance de la coopération", en particulier celle des banques centrales. Celles-ci doivent "envoyer les bons signaux" au marché. C’est le message qu’est venu porter François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, en clôture du Climate Finance Day.
Cette coopération existe depuis un an à travers le réseau Networking for greening the financial system (NGFS) qui réunit aujourd’hui une vingtaine de banques centrales. Dans un premier rapport publié en octobre, le réseau insiste sur le fait que le changement climatique est une source de risques financiers auxquels les institutions financières doivent répondre. Pour les y aider, un nouveau rapport, attendu le 7 avril 2019, guidera leur action.
D’une transparence volontaire à une transparence obligatoire
En attendant, le réseau dit endosser l’ensemble des recommandations de la TCFD, la task force sur la transparence des risques financiers liés au climat. "Nous devons passer d’une transparence volontaire à une transparence obligatoire", assure le gouverneur de la Banque de France, qui appelle l’Union européenne à s’appuyer sur l’article 173 de la loi française.
La Commission européenne, qui travaille aussi sur une taxonomie des investissements verts, a le soutien du réseau. "Le marché doit avoir une méthode d’évaluation claire" pour éviter tout greenwashing. "Nous avons besoin d’une norme commune pour évaluer de façon indépendante les impacts des investissements. Cela est crucial pour nous assurer de l’intégrité du marché", ajoute le gouverneur.
Plus loin que les green bonds
Mais, "nous devons aller plus loin que la photo, nous devons avoir la vidéo des risques climatiques, physiques et de transition", avec l’élaboration de scénarios, plaide-t-il. Des scénarios sur lesquels se baseront les stress tests des institutions financières. Les résultats des premières expérimentations sont attendus pour début 2019.
Enfin, il faudra donner les "bons signaux" pour encourager les financements verts. Selon le dernier rapport du Giec, près de 900 milliards de dollars par an sont nécessaires pour espérer limiter la hausse de la température globale à +1,5°C. C’est beaucoup, mais "loin d’être insurmontable", quand on sait que cela correspond à moins de 1 % du PIB mondial, rappelle le haut dirigeant.
Béatrice Héraud @beatriceheraud