Les fonds verts, axés notamment sur les questions climatiques, commencent à faire leur trou. Des sociétés de gestion se lancent sur le créneau pour attirer les épargnants, de plus en plus sensibles à ces problématiques, et générer de la performance financière. C’est le cas de CPR AM qui vient de créer un fonds thématique sur le climat innovant en partenariat avec le CDP.
La demande pour des fonds plus responsables commence à décoller. Une étude récente de BlackRock, le gérant d’actifs américain, montre que l’investissement durable augmente rapidement, notamment du fait de la demande de la génération des millenials. De nouveaux fonds d’investissement font ainsi leur apparition en misant sur le thème climatique, doublement porteur.
C’est le cas du fonds Climate Action lancé par CPR Asset management, la société de gestion filiale d’Amundi. Son objectif, "répondre au double défi de la performance financière et de la performance climatique", assure Alexandre Blein, le gérant. Pour cela, la société de gestion a mis au point une méthode de sélection en entonnoir des entreprises dans lesquelles elle investit.
Le fonds veut prendre en compte des sociétés ayant intégré le risque de changement climatique dans leur activité. Point de départ de son analyse : les 2 700 entreprises de l’indice boursier MSCI world all countries sur lesquelles la société de gestion applique ensuite sa grille d’analyse.
Un premier filtre avec le CDP
Pour son premier filtre, le plus important, CPR AM s’est associé à CDP (anciennement Carbon disclosure project), l’organisation non gouvernementale qui note de A à D les entreprises en fonction de leur performance environnementale déclarée. Le fonds retient essentiellement les entreprises les mieux notées (A ou B). Celles notées C mais ayant adopté des "Science-based targets", des objectifs de réduction de gaz à effet de serre calquées sur les travaux du GIEC, pouvent également être intégrées.
Les équipes de CPR AM passent ensuite un deuxième filtre, interne celui-là, issu de l’analyse extra-financière d’Amundi. Il permet d’exclure les entreprises les moins bien notées sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Un troisième filtre identifie les potentielles controverses qui peuvent affecter les entreprises du panel, pour les exclure. A l’issue de ce passage au crible climatique, sur l’indice de départ, ne reste qu’un univers d’investissement de 700 entreprises pour le fonds Climate Action.
Pas de secteurs exclus
Les gestionnaires se concentrent ensuite sur l’analyse financière de ces 700 sociétés, pour détecter les plus attractives. "Nous obtenons une liste plus réduite de 150 valeurs sur lesquelles nous pouvons faire notre stock-picking", explique Alexandre Blein. Le fonds compte in fine un portefeuille de 70 valeurs.
Aucun secteur économique n’est toutefois exclu de l’univers d’investissement de Climate Action, ce qui n’en fait pas un véhicule d’investissement de conviction. Celui-ci vise en fait les entreprises les mieux disantes, qui ont entrepris une démarche environnementale. "Nous ne sommes pas sur un fonds de type "Green", mais sur un fonds généraliste, explique Tegwen Le Berthe, le responsable du développement ESG de CPR AM. Nous ciblons des investisseurs qui investissent dans des fonds en actions standards."
Le reporting auprès des investisseurs du fonds devrait comprendre plusieurs indicateurs, tels que les émissions de gaz à effet de serre, l’exposition au charbon, etc. Avec une contrainte. La société de gestion veut attirer aussi bien des investisseurs institutionnels, des entreprises ou des épargnants. Il ambitionne d’atteindre plusieurs centaines de millions d’euros d’ici la fin de l’année.
Comme le thème du fonds peut intéresser l’investisseur final, le reporting du fonds devra peut être se différencier en fonction de ces deux publics, explique le responsable ESG. "Les données disponibles sont perfectibles, admet Tegwen Le Berthe. Mais on suivra leur évolution et, quand des informations plus pertinentes arriveront, nous les intégrerons."
Arnaud Dumas @ADumas5