Plusieurs annonceurs, dont Barilla France, ont décidé de stopper leur campagne publicitaire sur le site jeuxvideo.com, dont le groupe Webedia est propriétaire. En cause, le cyberharcèlement et les menaces de meurtres et de viols reçues par la journaliste Nadia Daam à la suite d’une chronique dénonçant les comportements violents des membres du forum 18-25, une plateforme associée à jeuxvideo.com.
Rien de mieux que de « taper au portefeuille » pour « que la peur change de camp ». La blogueuse et ancienne conseillère ministérielle de Laurence Rossignol, Sophie Gourion, a lancé sur Twitter le 4 novembre une campagne pour pousser les annonceurs à boycotter Webedia. Le groupe de divertissement détient plusieurs sites dont jeuxvideo.com, le premier site français d’actualité du secteur.
Menace de meurtres, de viols, tentative d’intrusion
Le 1er novembre, deux féministes, Elliot Lepers et Clara Gonzales, avaient créé un « numéro anti-relous ». Cela permettait aux femmes harcelées dans la rue de ne pas transmettre leur numéro, mais celui créé par les deux militants. Une fois que les harceleurs envoyaient un SMS, le « numéro anti-relous » leur répondait automatiquement par un texte leur priant de mettre fin à leur comportement. Mais quelques heures seulement après son lancement, le numéro a été hacké par plusieurs membres du forum 18-25, rattaché à jeuxvideo.com.
Le lendemain, dans une chronique sur Europe 1, la journaliste Nadia Daam avait qualifié ce forum de « poubelle de déchets non recyclables d’Internet ». Quelques heures plus tard, elle recevait des menaces de meurtre, de viol, et subissait même une tentative d’intrusion à son domicile en pleine nuit. Face à ce cauchemar, des dizaines de journalistes et personnalités ont signé une tribune de soutien à Nadia Daam le 3 novembre dans les colonnes de Libération.
Même la ministre des Droits des femmes, Marlène Schiappa, s’est emparée de l’affaire, demandant à Webedia de prendre ses responsabilités.
J’ai demandé à @Twitter et à @WebediaFR de prendre leurs responsabilités pour que cesse le cyber-harcèlement @claranote @nadiadaam pic.twitter.com/7TYvfBZ04s
— MarleneSchiappa (@MarleneSchiappa) 3 novembre 2017
« Des millions de revenus publicitaires sur le dos des femmes »
De son côté, Webedia annonçait alors qu’il allait supprimer les contenus illicites et doubler le nombre de ses modérateurs. Un coup de com’ pour Sophie Gourion qui rappelle que leurs modérateurs sont… bénévoles. La solution ? Faire pression sur les annonceurs car Webedia « engrange des millions de revenus publicitaires sur le dos des femmes quitte à les mettre en danger (…). Pour que ça s’arrête, il faut que la sécurité des femmes soit plus rentable pour Webedia que le harcèlement. Pure logique économique », tweetait la créatrice de <a target= »_blank » href= »http://Tout-à-l’ego.
Le dimanche 5 novembre elle créait donc deux hashtags : #BoycottWebedia puis #BalanceTonForum. Deux mots-clés dont se sont emparés les internautes pour faire pression sur les annonceurs. Résultat ? Barilla France a décidé de suspendre sa compagne publicitaire sur le site de jeuxvideo.com, suivi, quelques heures plus tard par le groupe d’assurances Apicil.
Un mode opératoire qui avait déjà fonctionné pour Touche Pas à Mon Poste. Lors de l’émission, l’animateur <a target= »_blank » href= »http://Cyril Hanouna avait piégé en directeur des homosexuels avec une fausse petite annonce. Face au risque réputationnel et la pression des internautes, des dizaines d’annonceurs avaient stoppé toute campagne de sponsoring de l’émission.
Marina Fabre @fabre_marina