Coupe du monde de rugby : « C’est la responsabilité du service public de promouvoir le sport féminin »

Les Bleues, après leur victoire 21-5 contre l'Irlande, accède à la demi-finale - FFR
Les Bleues, après leur victoire 21-5 contre l'Irlande, accède à la demi-finale – FFR

Pour la première fois, le 17 août dernier, un match de la Coupe du monde de rugby féminin était diffusé en prime time sur une chaîne historique, France 2. Après un record d’audience pour la discipline, la chaîne réitère l’expérience avec la demi-finale France-Angleterre, ce 22 août à 20h45. C’est "la mission du service public d’assurer la diversité", insiste le Directeur délégué aux Sports de France Télévisions qui revient sur l’ascension du sport féminin à la télévision. 

3,1 millions. C’est le pic de téléspectateurs devant le troisième match de poule de la Coupe du monde de rugby féminin le 17 août dernier. La France y avait battu l’Irlande 21 à 5. Une audience record pour le rugby féminin et une part d’audience correcte pour France 2 avec 12,4 %. C’était la première fois qu’une grande chaîne française décide de diffuser en prime time une compétition féminine de rugby. Les Bleues étaient jusque-là cantonnées à la chaîne de TNT France 4.
"On est montée en puissance", explique à Novethic Sven Lescuyer, Directeur délégué aux Sports de France Télévisions. "On a commencé par diffuser le tournoi féminin des 6 Nations en 2012 sur France 4. C’était un vrai pari. À l’époque, les filles jouaient dans des petits stades avec des horaires non adaptés à la télévision. On a travaillé avec la FFR (Fédération française de rugby, ndlr) pour qu’elles jouent à des horaires de prime time dans des stades avec captation TV". 
Après la diffusion de la Coupe du monde féminine de 2014, le nombre de licenciées a explosé
Le déclic est venu lors de la diffusion de la Coupe du monde féminine en 2014, à Marcoussis (Essonne) et au stade Jean Bouin à Paris. Le XV de France a attiré pas moins de 2,2 millions de téléspectateurs sur France 4, dépassant leurs audiences habituelles. "On a voulu passer à la vitesse supérieure", explique Sven Lescuyer. Cette année France Télévision a donc programmé une partie des matchs des Bleues "sur une chaîne historique". La demi-finale France-Angleterre, programmée ce 22 août sur France 2, promet de dépasser encore les records d’audience.
Le but est de toucher un public plus large et susciter des vocations. En 2014, après la diffusion du championnat du monde sur France 4, le nombre de licenciées a ainsi explosé de 50 % passant de 12 700 en 2014 à 19 000 aujourd’hui.
"Notre mission est d’assurer une diversité de programmation"
"C’est la responsabilité du service public de promouvoir le sport féminin", avance Sven Lescuyer. "Notre mission est d’assurer une diversité dans les disciplines mais aussi dans les programmations". Pour l’heure, dans la diffusion du sport féminin, le football tire la locomotive. Il commence d’ailleurs à attirer investisseurs et diffuseurs.
Le groupe TF1 a ainsi acquis les droits de la Coupe du monde de football 2019. "À partir du moment où les chaînes se rendent compte que ces matchs attirent du public, il y a un enjeu économique fort pour elles. Ce n’est pas de la philanthropie", avance la politique et vice-présidente du laboratoire d’idées Sport et Citoyenneté, Marie-Cécile Naves, interrogée par La Croix. "Certains sponsors ont aussi besoin de niche pour investir, alors qu’ils ont un peu atteint un niveau de saturation avec les hommes".
Malgré cette dynamique destinée à promouvoir le sport féminin, le chemin est encore long à parcourir. En 2015, seules 13,8% des heures de retransmissions en clair de sport étaient dédiées aux féminines. Mais pour l’heure, Allez les Bleues ! 
Marina Fabre @fabre_marina

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