L’industriel allemand Siemens a annoncé jeudi 16 novembre vouloir supprimer 6 900 postes à partir de 2020, dont la moitié en Allemagne, principalement dans sa branche énergétique bousculée par la montée en puissance des énergies renouvelables. Le groupe ne vend plus qu’une centaine de grandes turbines à gaz par an, alors que sa capacité s’élève aux alentours de 400.
Après des semaines de rumeurs au sein du groupe munichois, Siemens a dévoilé en comité d’entreprise sa réponse "aux changements structurels dans la production d’énergies fossiles et le secteur des matières premières", explique le groupe. En plus des fermetures de sites et la suppression de 6 900 postes en Allemagne, ce plan en prévoit 1 100 supplémentaires dans le reste de l’Europe et 2 500 hors Europe, dont 1 800 aux Etats-Unis.
Cette "attaque généralisée contre les employés" est "inacceptable compte tenu de l’excellente santé de l’entreprise", qui vient de réaliser un bénéfice annuel de 6,2 milliards d’euros, a dénoncé le syndicat allemand IG Metall. Siemens, qui avait déjà taillé dans sa branche énergie lors d’un précédent plan de restructuration en 2013, évoque de son côté la sauvegarde de sa "compétitivité" face à la "pression croissante" que les renouvelables font peser sur les autres sources d’énergie.
L’ère de la fée électricité produite par des méga-turbines à gaz, qui ont fait la fortune de l’industriel allemand, a vécu : la demande mondiale a "drastiquement" chuté pour ces énormes machines, autour de "110 turbines par an", quand les capacités actuelles sont estimées à "400 turbines", plaide Siemens.
Déjà des suppressions dans l’éolien
"Le temps presse, et plus vite nous sortirons de cette situation, mieux ce sera pour les employés", a expliqué Janina Kugel, directrice des ressources humaines du groupe aux 351 000 salariés. Selon cette dernière, les négociations doivent se terminer avant fin 2018, tandis que les premières suppressions de postes à l’étranger doivent être mises en place "à partir de 2020 mais cela pourrait aussi déborder sur 2021 ou même 2022".
Siemens, comme plusieurs groupes industriels allemands, a la particularité de pratiquer la "cogestion" direction/salariés, notamment sur les questions sociales. Le géant allemand avait déjà annoncé début novembre la suppression de 6 000 emplois au sein de sa coentreprise leader mondial de l’énergie éolienne, Siemens-Gamesa, en raison d’une baisse des ventes.
Les rumeurs allaient depuis bon train sur une liste noire de sites, qui devaient être fermés en Allemagne, dont une majorité dans l’est du pays. La ministre allemande de l’économie, la sociale-démocrate sur le départ Brigitte Zypries, avait même écrit au patron de Siemens pour le mettre en garde sur les risques de "nourrir le mécontentement et les doutes", qui ont fait le terreau de l’extrême droite aux dernières élections dans ces régions de l’est, sinistrées depuis la Réunification allemande.
La Rédaction avec AFP