[VIDEO] Beau comme un camion Tesla !

Le Semi est un semi-remoque de 36 tonnes développé par Tesla, doté d'une autonomie de 800 kilomètres. - Tesla
Le Semi est un semi-remoque de 36 tonnes développé par Tesla, doté d'une autonomie de 800 kilomètres. – Tesla

Attendu depuis déjà de nombreux mois, Tesla a enfin révélé son premier semi-remorque électrique. Avec une autonomie de 800 kilomètres, ce camion de 36 tonnes prouve que les motorisations électriques sont adaptées au transport routier de marchandises… Ce dont les motoristes traditionnels doutaient.

Les motorisations électriques ne sont pas adaptées aux longs trajets. Elles doivent être réservées aux courts trajets urbains. Quant aux transports de fret, inutile d’y penser. Les poids lourds sont encore dépendants pour un bon moment du Diesel ou des motorisations au gaz… C’est une croyance qui a longtemps été partagée par l’industrie automobile.
Mais c’est là qu’Elon Musk, le charismatique patron de Tesla, intervient. Le 16 novembre, celui-ci a révélé un produit attendu depuis longtemps, le Semi, un camion 100 % électrique. Ce semi-remorque de 36 tonnes affiche une autonomie de 800 kilomètres, à pleine charge, grâce à quatre moteurs. La performance est aussi possible grâce à un fort travail mené sur le design : "Nous avons conçu le camion Tesla pour qu’il soit aérodynamique comme une balle", décrit l’inventeur.

"Comme 80 % de trajets font moins de 400 km, ça veut dire qu’on peut aller à sa destination et revenir sans recharger", explique Elon Musk. Le prix du Semi n’a pas encore été communiqué, mais l’entreprise assure qu’il sera compétitif. Le coût sera inférieur de 20 % par rapport à camion au gazole en incluant les assurances et le prix du carburant, promettent les concepteurs.
40 exemplaires déjà commandés
L’argument semble convaincre la chaîne canadienne de supermarchés, Loblaws, et le groupe américain Wallmart. Les deux sociétés ont respectivement commandé 25 et 15 exemplaires du camion électrique, sachant que la production de masse n’interviendra pour sa part qu’à partir de 2019.
Ces petites cohortes serviront de tests pour les futurs clients. Parmi les points d’attention, il y a la robustesse des moteurs et des batteries, soumis à de nombreux cycle de charges. Les camions traditionnels sont des monstres de durabilité, capable allégrement de dépasser le million de kilomètres. "La transmission du Semi Tesla est garantie pour durer 1 million de miles (1,6 million de kilomètres). Plus de 40 voyages autour de la Terre", assure l’entreprise sur Tweeter. Cerise sur le gâteau, il peut passer de 0 à 100 km/h en 5 secondes de quoi venir concurrencer une Ferrari 360 Spider ou une Porsche 911.



Avec le Semi, Tesla entend bien changer la donne en matière de transport routier et imposer le camion électrique, là où d’autres innovateurs ont pour l’instant des difficultés comme les américains Aeos et Cummins. Dans le même temps, il continue à pousser plus loin les performances de l’automobile électrique. En même temps que son camion, il annonce la sortie du Roadster 2, un coupé sportif qui affiche des performances de voitures de course avec 1 000 kilomètres d’autonomie pour "seulement" 200 000 dollars.
8 000 dollars par minute
Reste toutefois les difficultés rencontrées avec son véhicule grand public, le Model3. Le véhicule, à 35 000 dollars pour 500 km d’autonomie, a déjà trouvé 500 000 preneurs. Mais l’entreprise peine à tenir la cadence industrielle pour délivrer aux clients. En conséquence, elle affiche des pertes de presque 620 millions de dollars au troisième trimestre. Sans compter le cash brulé pour le développement des nouveaux véhicules… 8 000 dollars par minute, calcule le Journal les Échos.
Selon des analystes de Bloomberg, le groupe aura besoin de 2 milliards de dollars à la fin du premier semestre 2018. Reste à savoir si les précommandes du Semi, du Roadster 2 et de du Model 3 répondront à ce besoin. Condition Sine qua none pour que Tesla impose sa vision de la mobilité électrique au monde.
Ludovic Dupin, @LudovicDupin

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