Temps, qualité de vie, économies… Le plan de mobilité des entreprises peut rapporter gros

Les salariés qui co-voiturent gagnent en moyenne 48 minutes par jour. - iStock
Les salariés qui co-voiturent gagnent en moyenne 48 minutes par jour. – iStock

Depuis le 1er janvier, les entreprises de plus de 100 salariés sont obligées de mettre en place un plan de mobilité durable prônant les alternatives à la voiture. Un impératif puisqu’en France, selon une récente étude, 80 % des actifs utilisent un véhicule personnel pour se rendre au travail chaque jour. Co-voiturage, télétravail ou incitations à prendre le vélo… Les gains sont considérables sur la qualité de vie, le portefeuille, le climat mais aussi la réduction de la pollution.  

Que diriez-vous de gagner 48 minutes par jour ? C’est ce qu’ont expérimenté les salariés de RCI Bank and Services, une filiale à 100 % du groupe Renault. Pendant dix semaines, ils ont testé Karos, une application de "court-voiturage" qui propose de compléter les trajets en transports en commun par du co-voiturage sur de courtes distances.
Résultat : un gain de temps significatif, de sacrées économies puisqu’en moyenne les 53 salariés co-voitureurs ont gagné 6 euros par trajet, six places de parking libérées chaque jour sur le site de Noisy-le-Grand et l’équivalent de 345 kg de CO2 évités.
Cette expérience est venue s’inscrire dans la réflexion menée par RCI sur son plan de mobilité durable. Car, depuis le 1er janvier dernier, les entreprises de plus de 100 salariés sont effectivement obligées d’en déployer un conformément à la loi de Transition énergétique.
Un changement de comportements et de culture
"Il y a sept ou huit ans, c’était encore une question anecdotique, analyse Timothée Quellard, directeur associé d’Ekodev, un cabinet de conseil en développement durable. Mais depuis un an, il y a une vraie recrudescence de la part des entreprises qui nous demandent de les accompagner." Au total, près de 150 entreprises ont ainsi été aidées par Ekodev dans la mise en œuvre d’un plan de mobilité durable.
"C’est hallucinant de voir à quel point nous ne sommes pas si innovants que ça, poursuit-il. Le défi ne se situe pas tant au niveau des outils qu’au niveau du changement de comportements et de culture d’entreprise alors que la voiture est prépondérante et est encore un marqueur de réussite sociale. La plupart des cadres de grandes entreprises qui ont leur siège à Paris disposent par exemple de voitures de fonction." 
Co-voiturage, optimisation de la flotte d’entreprise, autopartage, télétravail ou encore incitations à prendre le vélo ou les transports en commun, plusieurs options s’offrent aux entreprises. La loi leur impose de mener un audit, de réaliser une enquête d’usages auprès des salariés, et de proposer des mesures incitatives en faveur des mobilités alternatives.
Mais malheureusement, "la loi juge davantage les moyens mis en place que les résultats", regrette Timothée Quellard. Et, en cas de manquements, les sanctions se limitent à la perte du soutien technique et financier de l’Ademe pour les entreprises qui ne seraient pas conformes.
La future loi plus contraignante ?
Chez RCI Bank and Services, les résultats de l’expérimentation menée avec Karos vont être présentés la semaine prochaine à la direction qui décidera de la suite à donner. "Selon moi, c’était concluant car l’application offre un réseau d’une grande granularité. En moyenne, chaque collaborateur recevait cinq propositions de covoiturage. C’est rassurant de pouvoir s’appuyer sur un réseau inter-entreprises existant plutôt que de se limiter à nos seuls collaborateurs", explique Benjamin Honnorat, responsable Développement nouvelles mobilités au sein de RCI Bank and services.
Au-delà des enjeux de qualité de vie, financiers et climatiques, repenser la mobilité est aussi une question de qualité de l’air. Un sujet qui préoccupe de plus en plus alors que la pollution atmosphérique est la troisième cause de mortalité en France. Ce qui pourrait bien pousser le gouvernement à durcir le ton dans la future loi mobilité qui doit être présentée au cours du premier semestre.
Concepcion Alvarez @conce1

Aller au contenu principal