Nissan va arrêter de commercialiser des voiture diesel en Europe, à la faveur des motorisations alternatives. Le constructeur n’a pas encore donné de date cependant. Toyota a déjà annoncé cette mesure dès 2018. Et Renault et PSA s’y préparent.
Le constructeur japonais Nissan va progressivement cesser de commercialiser des véhicules diesel en Europe, dans un contexte de désaffection des automobilistes pour cette motorisation. "En Europe, où se concentrent nos ventes diesel, la poussée de l’électrification va nous permettre d’arrêter graduellement le diesel pour les voitures particulières à chaque renouvellement de modèle", a déclaré un porte-parole du groupe.
Le partenaire du français Renault, qui ne communique pas sur la part des motorisations diesel dans ses ventes totales, n’a pas donné de calendrier spécifique à ce stade. Parallèlement à l’abandon du diesel, Nissan redouble d’ambitions dans l’électrique, où il a fait figure de pionnier avec le lancement de la citadine Leaf (Photo) en 2010.
Un défi sanitaire et économique
Dans un contexte de concurrence accrue, il a récemment dit vouloir multiplier par plus de six ses ventes annuelles de véhicules électrifiés d’ici à l’exercice 2022-23, visant un objectif d’un million d’unités. Cette catégorie regroupe à la fois les automobiles purement électriques et celles équipées du système e-POWER, une propulsion électrique dotée d’une motorisation essence permettant de recharger la batterie du véhicule.
Avec sa décision de mettre fin au Diesel, Nissan devance le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Celui-ci a annoncé la création d’un groupe de travail avec Renault (Partenaire de Nissan) et PSA pour relever le défi "sanitaire et économique" de cette transition. Pour Carlos Tavareres, PDG de PSA, "il n’y a pas de débat sur la nécessité de cet engagement en faveur des motorisations alternatives au diesel".
Toyota en 2018
Début mars, Toyota, grand spécialiste de l’hybride (motorisation mixte essence-électrique), avait annoncé qu’il stopperait la vente de voitures diesel en Europe à compter de fin 2018. Mises en cause pour leurs rejets polluants (particules fines et oxydes d’azote), les motorisations diesel voient leurs ventes chuter en Europe, où les politiques publiques pro-diesel ont cessé depuis l’affaire des moteurs truqués de Volkswagen, révélée en 2015.
De plus, plusieurs villes, comme Paris ou Londres, ont annoncé des projets d’interdiction. Il faut dire que la pollution des motorisations thermiques a de quoi faire froid dans le dos. Selon la dernière étude de L’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle a tué 7 millions de personnes dans le monde en 2016, un chiffre extrêmement élevé et en hausse.
"Les particules fines contenues dans l’air pollué pénètrent profondément dans les poumons et dans le système cardiovasculaire, ce qui cause des affections comme les accidents vasculaires cérébraux, les cardiopathies, les cancers du poumon, les bronchopneumopathies et les infections respiratoires, notamment la pneumonie", explique l’OMS.
Ludovic Dupin avec AFP