Après l’ecotaxe, le gouvernement envisage une vignette poids lourds

Les poids lourds représentent un quart des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports dans l'Union européenne. - Pixabay
Les poids lourds représentent un quart des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports dans l'Union européenne. – Pixabay

Pour financer les infrastructures routières et limiter l’impact écologique des camions, le gouvernement envisage une nouvelle taxe poids lourds. Elle prendrait la forme d’une vignette et serait applicable dès 2019. Une initiative que le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, se garde bien de comparer à l’écotaxe, véritable fiasco du quinquennat Hollande. 

Après l’échec de l’écotaxe, voilà la vignette poids lourds. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a indiqué sur BFMTV dimanche 23 septembre réfléchir à une vignette applicable dès 2019 et visant les "camions étrangers" 
"Nous travaillons, comme d’autres pays d’Europe d’ailleurs, sur une forme de vignette, notamment pour permettre de taxer en quelque sort les camions étrangers qui ne font que traverser la France. Il y en a qui ne font même pas le plein de carburant, dont ils ne paient même pas les taxes et ils ne paient pas l’usure des routes", a déploré le ministre.
Hors de question pour l’organisation des transporteurs routiers européens 
Or, selon les informations de France Info, cette vignette devrait autant concerner les camions étrangers que français. Outre l’enjeu écologique, l’idée serait de financer les investissements sur le réseau routier et ferroviaire "pour qu’on ne subisse pas des phénomènes comme l’accident de Gênes", a mentionné François de Rugy en référence à l’écroulement du viaduc de Gênes en Italie.
Mais déjà l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) est montée au front  dans un communiqué : "le transport routier n’acceptera aucune contribution financière supplémentaire (…) L’ensemble des usagers de la route, tout comme le transport routier s’acquitte déjà de 39 milliards d’euros de taxes (…) pour l’entretien des infrastructures routières non concédées".
Faire oublier l’écotaxe
Le secteur garde un très mauvais souvenir de l’écotaxe, un "gâchis", un "échec stratégique", un "abandon coûteux", selon la Cour des comptes. Cette dernière, abandonnée sous Hollande, était calculée par rapport au nombre de kilomètres parcourus. Des portiques avaient d’ailleurs été installés, mais ils n’ont jamais été utilisés.
"La France a manqué l’occasion de mettre en place un instrument pertinent de politique des transports", avait estimé Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes. C’est pourtant un contre-exemple de la marche à suivre pour François de Rugy qui qualifie l’écotaxe de "mauvaise gestion de la fiscalité écologique".
Rappelons que le 17 mai dernier, la Commission européenne a proposé de fixer une limite d’émissions de CO2 des poids lourds. Elle souhaite une baisse de 15 % d’ici 2025 et 30 % d’ici 2030. Une limite pas assez ambitieuse pour une trentaine de multinationales dont Carrefour, Heineken ou Ikea qui plaident pour une réduction de 24 % dès 2025.
Marina Fabre @fabre_marina avec AFP

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