Tempête Harvey : les explosions dans l’usine d’Arkema illustrent la vulnérabilité du secteur pétrolier au changement climatique

@Nasa - La tempête Harvey lors de son passage au-dessus du Texas
@Nasa – La tempête Harvey lors de son passage au-dessus du Texas

L’usine texane du chimiste français Arkema a été durement touchée par la tempête Harvey. Deux explosions y ont lieu après la perte d’alimentation des systèmes de refroidissement de l’installation. Cet accident met en lumière ce qu’est le risque climat pour les entreprises pétrolières et pétrochimiques… qui portent leur part de responsabilité dans le réchauffement. 

Depuis plusieurs jours, le chimiste français Arkema alertait sur la situation de son usine texane de Crosby. Suite aux intempéries inédites qui ont noyé le site sous 1,8 mètre d’eau, l’installation industrielle a perdu son alimentation en électricité et donc sa capacité à refroidir certains produits très inflammable. Jeudi 31 août, à deux heures du matin, le Harris County Emergency Operations Center (EOC) a prévenu que deux explosions avaient eu lieu suivi d’une émanation de fumée noire. Heureusement, depuis mardi, les autorités, avait fait évacuer les populations sur un périmètre de 1,5 mile (2,4 km).
Dans un communiqué, l’entreprise explique que : "Des inondations sans précédent ont submergé notre source d’alimentation primaire et nos deux sources alimentation d’urgence. En conséquence, nous avons perdu la réfrigération des produits sur place. Certains peroxydes organiques brûlent s’ils ne sont pas stockés à basse température". Et le risque n’est pas terminé, de l’aveu même d’Arkema : "le produit est stocké dans plusieurs endroits sur le site et une menace d’explosion supplémentaire demeure".
Vulnérabilité du secteur pétrolier
C’est pour l’instant l’accident industriel le plus spectaculaire des suites de la gigantesque tempête, la plus puissante depuis Katrina en 2005. Elle met en exergue la vulnérabilité de la région sud-est des États-Unis et du Golfe du Mexique qui regroupe environ 30% des capacités de raffinage du pays et 20 % de ses moyens de productions. La quasi-totalité des raffinerie du Texas a été mises à l’arrêt par sécurité ou suite à des dégâts, soit la disparition de 2,6 millions de barils de pétrole raffiné par jour.
Les pipelines reliant les bassins texans de gaz et huiles de schistes aux raffineries côtières ont été fermés en raison des inévitables dommages subis. Des entrepôts de stockage de Phillips 66 et d’Exxon ont été endommagés et ont relâché des hydrocarbures dans la nature. Et d’autres dégâts devraient être découverts dans les jours à venir à la faveur du déplacement de Harvey vers la Louisiane.
Après cet événement, une prise de conscience est attendue sur l’impact du changement climatique et le risque qu’il fait peser sur ces entreprises qui en sont, en partie, responsables. Interrogé par le New-York Times, Harald Jordan, vice-président de la société d’exploration pétrolière Peak Energy l’illustre : "J’ignore si nous allons voir un exode massif de la périphérie de Houston. Mais d’un point de vue stratégique, n’importe quelle entreprise qui est impliquée dans une région si exposée voudra repenser la concentration d’actifs et de personnels sur place".
Ludovic Dupin @ludovicDupin

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