Renault, Nissan et Mitsubishi viennent de créer un fonds d’investissement de 1 milliard de dollars dédié à des start-up des nouvelles mobilités. Le but est de ne pas rater le virage du covoiturage et des voitures électriques et autonomes. "Elles ne veulent pas être les kodak de l’automobile", explique un spécialiste. La fin des véhicules thermiques est programmée pour 2040 en France.
1 milliard de dollars sur 5 ans. C’est la somme que Renault-Nissan-Mitsubishi ont allouée à un fonds d’investissement dédié aux start-up des nouveaux services de mobilité. Ce fonds vient d’être officialisé par l’actuel patron de Renault, Carlos Ghosn, non pas lors d’un salon de l’auto mais lors du CES, le salon des technologies l’électronique de Las Vegas. Tout un symbole de la mutation en cous du monde des transports.
"Le fonds priorise l’innovation dans les nouvelles mobilités, y compris l’électrique, les systèmes autonomes, la connectivité et l’intelligence artificielle", détaille la nouvelle alliance dans un communiqué. Il sera financé à 40 % par Renault, 40 % par Nissan et 20 % par Mitsubishi. Piloté par Fançois Dossa de Nissan, il serait, selon les trois constructeurs, le plus important de l’industrie automobile. Le premier investissement du fonds est dédié à Iionic Materiel, une société américaine qui développe des matériaux pour batterie sans cobalt.
Les constructeurs ne veulent pas être les "kodak de l’automobile"
"Les constructeurs automobiles sont challengés par les start-up et les géants du numérique sur les voitures autonomes et les nouvelles mobilités. Pour ne pas être les "kodak de l’automobile", ils s’appuient sur des start-up agiles capables d’innover", explique Harald Condé Piquer, analyste au centre de recherche de Novethic.
Et ils ne sont pas les seuls. En mai 2016, Toyota a lancé un partenariat stratégique avec Uber, la plateforme de réservation de véhicule avec chauffeur. Par la suite, General Motors s’est lié avec le principal concurrent d’Uber, Lyft. Enfin, Volkswagen a investi dans la société Gett, et Ford dans la startup Argo al avec l’objectif d’aboutir à une voiture autonome pour répondre à des services de covoiturage d’ici 2021.
"Notre modèle économique sera très différent dans le futur", affirme Ford
Pourquoi ce mouvement ? Parce que le business model des constructeurs traditionnels est menacé par les nouveaux modes de consommation. "Pour les entreprises, l’avenir n’est plus uniquement de vendre des véhicules à moteur thermique à des particuliers, mais s’oriente de plus en plus vers des nouveaux modes de mobilité. Par exemple les flottes de véhicules autonomes et électriques amenées à tourner dans les grandes villes", analyse Harald Condé Piquer. "Pour ne pas rater le virage de cette transition, les constructeurs doivent devenir des fournisseurs de services de mobilité", souligne-t-il.
"Il ne fait aucun doute que notre modèle économique sera très différent dans le futur de ce qu’il est aujourd’hui", affirmait déjà Bill Ford, le président exécutif du constructeur Ford en mai 2015 lorsqu’il était interrogé par Bloomberg sur les voitures autonomes.
Et pour cause. Selon une étude du cabinet KPMG de 2016 sur les tendances clés des dirigeants du secteur auto d’ici 2025, les orientations sont claires. La tendance "connectivité et numérique" est jugée comme la plus importante. Suivie de près par les véhicules électriques hybrides et les véhicules à batterie.
Marina Fabre, @fabre_marina