Les ONG australiennes mettent la pression sur l’assureur américain AIG afin qu’il refuse de soutenir le complexe minier dans le Queensland porté par l’entreprise indienne Adani. Les activistes ont organisé fin août des manifestations dans les bureaux australiens de l’assureur. Une quinzaine de compagnies mondiales ont déjà déclaré publiquement qu’elles n’assureraient pas ce projet, jugé néfaste pour le climat.
AIG fait partie des derniers assureurs en piste pour soutenir la mine Carmichael, jugée dévastatrice pour l’environnement par les ONG. Situé au Nord-Est de l’Australie, proche de la barrière de corail, le projet minier prévoit de fournir jusqu’à 60 millions de tonnes de charbon thermique par an, de quoi émettre à lui seul plus de CO2 que la Norvège, la Suède, la Grèce et le Chili, selon SumOfUs. Constitué de plusieurs mines sous-terraines et à ciel ouvert, le complexe risquerait de peser sur les capacités en eau de la région, et les besoins de transport par bateau du charbon pourraient abîmer la barrière de corail.
Porter un coup dur au projet
La défection de l’américain AIG porterait un nouveau coup dur à la "méga mine", l’entreprise indienne pouvant difficilement se passer des immenses capacités financières de grands assureurs mondiaux pour porter le projet. "Ils disent avoir déjà leur assurance en place. Nous pensons que cela ne concerne que leur niveau très limité d’opération existant, déclare Pablo Brait, chargé de campagne chez Market Forces. S’ils veulent se lancer dans la construction à grande échelle, ils ont toujours besoin de nouveaux contrats d’assurance, et nous avons l’intention d’empêcher ces contrats."
Arnaud Dumas, @ADumas5