Tout un symbole. L’Alberta revoit ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Et surtout s’en donne les moyens en doublant sa taxe carbone.
La province canadienne se place au deuxième rang des réserves mondiales de brut, notamment grâce à ses bassins de sables bitumineux évalués à 2 trillions de barils. Elle fournit 70 % du pétrole et du gaz au Canada. Conséquence : en 2013, elle a émis 267 millions de tonnes de CO2, soit presque autant qu’un pays producteur de pétrole comme le Venezuela. Face à ce constat, le nouveau gouvernement de centre-gauche, élu il y a deux mois après 40 ans de règne conservateur, a décidé de passer à la vitesse supérieure.
Un objectif de réduction de 20 % des émissions en 2017
La taxe vise les entreprises émettant plus de 100 000 tonnes de CO2 par an. Jusqu’à présent, si elles ne réduisaient pas leurs émissions de 12 %, elles devaient s’acquitter de 11 euros (15 dollars canadiens) par tonne de carbone excédentaire. À compter de 2017, l’objectif de réduction doit atteindre 20 % et la taxe double pour passer à 22 euros la tonne. L’argent ainsi collecté est versé dans un fonds appelé Climate change and emission management, qui sert à développer l’innovation technologique. Il est actuellement doté de 578 millions de dollars.
La mesure doit permettre de réduire de 13 millions de tonnes les émissions de CO2 en 2017, contre 8 millions de tonnes sinon. Une avancée, qui semble toutefois avoir une portée limitée. L’objectif de l’Alberta est d’atteindre les 50 millions de tonnes de réduction d’ici 2020.
Des ambitions provinciales plus forte que celle du pays
Par ailleurs, la ministre de l’environnement de l’Alberta, Shannon Phillips, a annoncé la publication d’ici la conférence climat de Paris (COP 21) d’une nouvelle stratégie provinciale de lutte contre le changement climatique, menée de concert avec un réexamen du régime de redevances sur le pétrole et le gaz.
L’Etat fédéral a quant à lui publié sa contribution climatique le 19 mai dernier. D’ici 2030, Ottawa s’est engagé à réduire ses émissions de 30 % par rapport à 2005. Des promesses décevantes. Selon les chiffres officiels publiés par le gouvernement au mois d’avril, les émissions du pays ont déjà progressé de 20 % par rapport à… 2005 !