[Édito Vidéo] Attaque en Arabie Saoudite : deux drones qui déstabilisent le monde

Le 14 septembre, des drones ou des missiles ont détruit une usine de traitement de pétrole de Saudi Aramco en Arabie Saoudite. - @AFP
Le 14 septembre, des drones ou des missiles ont détruit une usine de traitement de pétrole de Saudi Aramco en Arabie Saoudite. – @AFP

En une seule frappe, les commanditaires de l’attaque sur les installations pétrolières en Arabie saoudite ont effacé la moitié de la production du Royaume wahhabite. Et cela a enflammé le monde entier que ce soit sur les plans boursier et diplomatique. Entre la fragilité de l’or noir et notre extrême dépendance, nous devrions réfléchir à la transition énergétique afin de nous assurer qu’elle ne nous lie pas si étroitement de nouveau à une unique matière première.

En un claquement de doigts, le champ de Khurais, l’usine d’Abqaid et potentiellement le monde se sont enflammés. Deux drones ou deux missiles se sont abattus sur des installations du plus grand pétrolier de la planète Saudi Aramaco. Résultat : la moitié de la production de pétrole saoudien a disparu, soit 5,7 millions de barils de pétrole par jour. C’est environ 6 % de la production mondiale.

Pour se rendre compte de ce que cela représente, l’impact est plus important que la perte de production due à la révolution iranienne en 1978, à l’invasion du Koweït en 1990 ou à la guerre en Irak en 2003. À l’ouverture des marchés qui a suivi, les cours du pétrole mondiaux bondissaient de 20 % jusqu’à ce que les autres pays de l’Opep et les États-Unis n’évoquent des accroissements de production.
Négociations nucléaires
Mais ce bouleversement de marché n’est que peu de chose face à la tension qui fait jour au Moyen-Orient. Alors que l’attaque a été revendiquée par les rebelles Houthis du Yémen, Riyad dénonce plutôt l’Iran, des experts jugent que l’attaque n’a pu venir que du sol irakien. Washington menace d’une riposte tandis que Moscou et Pékin grondent pour appeler au calme. Téhéran a bien sûr démenti toute implication n’hésitant pas à préciser que les accusations de Donald Trump sont incompréhensibles et insensées.
Autant dire qu’on montre les muscles de toute part. Sans compter que la crise saoudienne vient de tuer dans l’œuf l’embryon de discussion qui avait repris, à l’initiative d’Emmanuel Macron lors du G7, sur le nucléaire iranien. Alors que les centrifugeuses iraniennes tournent de nouveau et enrichissent de l’uranium, les quelques échanges entre l’administration américaine et la République islamique sont enterrées sous les débris de l’attaque.
On ne cesse de rappeler la dépendance du monde au pétrole et l’impact de celui-ci sur le climat. Mais il ne faut pas oublier la dépendance géopolitique qu’impose cette ressource si inégalement répartie sur la planète et dont le monde a fait l’alpha et l’oméga. À l’heure de la transition énergétique, il serait bon de prendre en compte la dépendance à de nouvelles ressources qui feraient peser les mêmes tensions sur la planète comme les terres rares ou les certains minéraux.
Ludovic Dupin @LudovicDupin

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