Au lendemain de l’ouverture de la COP23, Siemens, Adidas, Puma mais surtout E.ON et EnBW, deux des principaux énergéticiens allemands, appellent le nouveau gouvernement à sortir du charbon. Au total, 51 entreprises ont signé ce manifeste. Elles pèsent 300 milliards d’euros de chiffres d’affaires…de quoi peser sur les négociations politiques en cours à Berlin.
"Le futur gouvernement doit élaborer une sortie du charbon qui soit fiable et socialement responsable", écrivent les 51 entreprises signataires. Parmi elles, les équipementiers sportifs Adidas et Puma, l’opérateur téléphonique Deutsche Telekom, l’opérateur de la bourse Deutsche Börse, les distributeurs Metro et Aldi süd et deux des principaux énergéticiens outr-Rhin EnBW et E.ON. Au total, ces entreprises emploient 400 000 personnes en Allemagne, 1,5 million dans le monde et elles génèrent un chiffre d’affaires de 300 milliards d’euros par an.
Leur appel va donc certainement peser sur les discussions en cours au sein de la coalition à Berlin pour former le prochain gouvernement. Et sur les négociations climatiques qui se tiennent depuis lundi 6 novembre et pendant deux semaines à Bonn dans le cadre de la COP23. "Nous avons compris que la protection du climat est d’une importance élémentaire", a déclaré Lothar Rieth, expert climat du groupe énergétique EnBW. Les signataires demandent également l’adoption d’une tarification efficace du carbone, une augmentation des appels d’offres pour les énergies renouvelables et des incitations supplémentaires aux économies d’énergie.
L’Allemagne en passer de rater ses objectifs climatiques
Outre-Rhin, le charbon assure encore 40 % des besoins en électricité alors que le pays a décidé de fermer ses centrales nucléaires après l’accident de Fukushima en 2011. Or, l’Allemagne s’est donné comme objectif de réduire ses émissions de CO2 de 40 % d’ici à 2020 par rapport à leur niveau de 1990. Un engagement impossible à tenir, selon plusieurs études. La réduction serait plutôt de 30 % à cet horizon. En cause, les centrales à charbon qui continuent de tourner à plein régime pour…l’exportation ! Vers l’Autriche, la Suisse, les Pays-Bas et la France. Mais aussi les ventes de voitures diesel.
Vendredi 3 novembre, une autre coalition d’industriels, le VDMA, la fédération des constructeurs de machines, qui emploie un million de personnes en Allemagne, a lui aussi a appelé au respect des objectifs formulés dans l’accord de Paris. "Cet accord n’est pas seulement dans l’intérêt de l’environnement, mais aussi de l’économie. Les entreprises ont besoin d’objectifs d’émissions clairs pour pouvoir planifier leurs investissements", a déclaré Stephanie Grubert, de Bosch Rexroth et présidente de la commission environnement au VDMA.
Concepcion Alvarez @conce1