Le Premier ministre Édouard Philippe s’est exprimé ce mercredi 12 juillet, dans Les Échos, sur l’annonce du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot de fermer « jusqu’à 17 réacteurs » d’ici 2025. Il confirme des mises à l’arrêt de centrales mais assure que la France ne va pas rompre avec l’atome. Il évoque aussi l’évolution de la fiscalité écologique et le retour d’une taxe poids lourds.
« L’idée n’est pas de rompre avec le nucléaire »
Interrogé sur l’annonce de la fermeture de jusqu’à 17 réacteurs nucléaires d’ici 2025 faite par Nicolas Hulot en début de semaine, le Premier ministre se veut plus prudent. « Des centrales fermeront mais je ne peux pas vous dire lesquelles », explique Édouard Philippe qui a été directeur des affaires publiques d’Areva de 2007 à 2010. « Il faut être prudent : cette décision devra tenir compte non seulement d’éléments techniques sur les centrales, mais aussi du niveau attendu de la consommation énergétique ou du développement des autres modes de production d’électricité. On parle depuis des années de l’offshore éolien, que je regarde moi-même avec beaucoup d’intérêt, mais rien de concret n’en est encore sorti ».
Édouard Philippe rappelle ainsi que l’État n’est pas seul à décider. « Il doit composer avec l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui va se prononcer fin 2018-début 2019 sur toute une série de renouvellements d’autorisations. Nous allons attendre que l’ASN nous dise ce qu’il en est. Nous devons aussi engager les discussions avec les acteurs de la filière, à commencer par EDF. Mais des centrales vont bien fermer en France… » Il ajoute : « l’idée n’est pas de rompre avec le nucléaire en France mais d’arriver à un mix énergétique plus équilibré. »
L’ASN doit en effet publier un avis sur le prolongement de la durée de vie des réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans fin 2018, ou plus probablement courant 2019.
Convergence de la fiscalité essence et diesel : des exonérations prévues
Édouard Philippe s’est également exprimé sur la fiscalité écologique sans donner de précision chiffrée sur le prix de la tonne de carbone qui pourrait être atteint en 2030. « Nous poursuivrons la montée en puissance de la composante carbone et allons lancer dès l’an prochain la convergence de la fiscalité de l’essence et du diesel, mais aussi donner sa trajectoire sur cinq ans afin que tout le monde puisse adapter ses comportements. Nous prendrons bien sûr en compte les situations particulières des agriculteurs, des transporteurs qui continueront à bénéficier de leurs exonérations… »
« Taxer la pollution plus que le travail »
Le Premier ministre est formel, il ne souhaite pas ouvrir à nouveau le débat sur l’écotaxe, même si un principe proche a été évoqué par la ministre des Transports Elisabeth Borne. « Nous devrons néanmoins résoudre la question de la taxation de la pollution. Nous voulons taxer la pollution plus que le travail » a-t-il précisé.
Concepcion Alvarez @conce1