Pour l’Agence internationale de l’énergie, le déclin du nucléaire est un obstacle à la lutte contre le changement climatique

Le monde compte 450 réacteurs nucléaires en fonctionnement et 55 en construction. - @urcisxtime
Le monde compte 450 réacteurs nucléaires en fonctionnement et 55 en construction. – @urcisxtime

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a plaidé mardi 28 mai pour des mesures de soutien à l’énergie nucléaire, s’inquiétant des conséquences de son déclin sur les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui l’atome compte pour 10 % du mix électrique planétaire, mais sa part est en recul.

Le nucléaire "pourrait être bientôt sur le déclin à travers le monde", avec notamment la fermeture de centrales vieillissantes, s’inquiète Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence basée à Paris, dans un rapport consacré au sujet. "Si les gouvernements ne modifient pas leurs politiques actuelles, les économies avancées seront en chemin pour perdre les deux tiers de leur flotte nucléaire, risquant une énorme augmentation des émissions de CO2", met-il en garde.
Le nucléaire représente aujourd’hui 10 % de la fourniture d’électricité à travers le monde, mais sa part est en baisse avec le vieillissement du parc et le faible nombre de projets de construction de nouveaux réacteurs. Or pour lutter contre le changement climatique il faudra de plus en plus utiliser d’électricité n’émettant pas ou peu de CO2, comme les renouvelables et le nucléaire, souligne l’AIE, qui conseille des pays développés sur leur politique énergétique.
Étendre la durée de vie
Selon elle, il serait toutefois possible de réaliser la transition énergétique avec moins de nucléaire mais cela nécessiterait un "effort extraordinaire" et coûterait beaucoup plus cher. "Sans investissements dans le nucléaire, il serait beaucoup plus difficile d’atteindre un système énergétique durable", résume l’AIE dans son rapport.
Elle formule ainsi une série de recommandations pour les pays qui continuent d’utiliser le nucléaire, tout en disant "respecter" le choix de ceux qui sortent de l’atome, comme l’Allemagne. L’AIE prône ainsi une extension de la vie des centrales aussi longue que le permet la sûreté, qu’elles soient rémunérées pour leurs avantages en termes de sécurité énergétique et d’environnement, la création d’un cadre financier attractif ou encore le soutien à la construction de nouveaux réacteurs avec un processus réglementaire qui limite les retards et surcoûts.
La rédaction avec AFP

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