Pour éviter une ZAD à Bure, le gouvernement lance un nouveau « débat national » sur la gestion des déchets nucléaires

le 3 mars, les forces de l'ordre ont délogé des activistes antinucléaires à proximité du futur site d’enfouissement des déchets nucléaires. - @Jean-Christophe Verhaegen/AFP
le 3 mars, les forces de l'ordre ont délogé des activistes antinucléaires à proximité du futur site d’enfouissement des déchets nucléaires. – @Jean-Christophe Verhaegen/AFP

Le gouvernement a annoncé mercredi 7 mars un nouveau "débat national" sur la gestion des déchets nucléaires pour tenter d’apaiser la controverse sur l’enfouissement profond tout en confirmant la poursuite du projet contesté de Bure.

Ce "débat national" se tiendra entre septembre et décembre et inclura la question de l’enfouissement des déchets les plus radioactifs et à vie longue, tel que le prévoit le projet Cigeo engagé à Bure, a indiqué le secrétaire d’Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu.
Ces discussions à grande échelle ne seront pas les premières, après notamment la tenue du débat public de 2013-2014 sur la création du site de Bure. Mais "les très Pour comme les très Contre s’accordent sur le manque de concertation sur le projet. Tous m’ont redemandé un débat. Et je me dis qu’il faut le refaire", a souligné Sébastien Lecornu devant la presse.
"À projet hors norme, il est normal que la concertation soit hors norme", a-t-il ajouté. "Certes il y a des lois (prises en faveur de Cigeo, en 2006 notamment, ndlr). Sauf qu’après, il y a de nouvelles générations, de nouveaux questionnements". Est aussi prévue "d’ici l’été" la mise en place d’un centre de ressources en ligne ouvert au public et d’une "instance de dialogue" d’experts.
Retour de l’État de droit
Le gouvernement fait face à un flot de critiques des associations environnementales et anti-nucléaires depuis l’évacuation par 500 gendarmes, le 22 février à l’aube, du site de Cigeo, occupé depuis 2016 par une quinzaine de personnes. Le week-end dernier, des manifestations, interdites par la préfecture, ont été émaillées d’affrontements avec les forces de l’ordre.
Pour Yannick Rousselet, de Greenpeace, le débat promis mercredi est déjà prévu par la loi : "la loi sur la transparence de sécurité nucléaire prévoit que le plan de gestion des déchets radioactifs soit mis à la consultation publique lors de sa révision tous les trois ans". "Pour qu’il se passe dans des conditions sereines, il va falloir en premier que le gouvernement fasse un geste et retire les forces de l’ordre", a-t-il ajouté.
De son côté Sébastien Lecornu s’est de nouveau félicité mercredi du "retour de l’Etat de droit" sur place. Le secrétaire d’Etat a réuni pendant plus de deux heures un "comité de haut niveau" rassemblant élus locaux, parlementaires, gestionnaires de déchets et Andra, l’agence portant le projet Cigeo. Ce projet reste l’option privilégiée du gouvernement, insiste-t-il.
"Aujourd’hui tant qu’on n’a pas trouvé d’autre solution, le projet de Bure est la moins mauvaise solution, dixit le ministre d’Etat (Nicolas Hulot), la solution la plus raisonnable dixit le rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)", explique Sébastien Lecornu.
La Rédaction avec AFP

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