L’industrie automobile se réunissait, mercredi 2 août, avec le gouvernement allemand. Lors de ce "sommet du diesel", les constructeurs se sont engagés à modifier les logiciels de 5,3 millions de voitures diesel afin de réduire de 20 à 30% les émissions d’oxyde d’azote. Or le gouvernement demandait l’installation de nouveaux équipements, plus dépolluants mais plus coûteux. Il s’est finalement plié aux exigences d’un secteur qui représente 20% des exportations et 800 000 emplois.
Les constructeurs allemands ont imposé leur tempo face au gouvernement allemand lors du "sommet du diesel". Réunie avec les pouvoirs publics, l’industrie automobile devait trouver des solutions face aux nombreux scandales qui ont terni l’image du secteur.
Pour rétablir la confiance avec le gouvernement et les consommateurs, mais surtout réduire la pollution, les constructeurs se sont engagés à mettre à jour les logiciels de 5,3 millions de voitures diesel en circulation en Allemagne, sachant que 2,5 millions d’entre elles ont déjà été rappelées par Volkswagen. Cette mise à jour, au frais des constructeurs, devrait permettre de réduire de 25 à 30 % les émissions d’oxyde d’azote des moteurs.
Les constructeurs échappent à l’interdiction du diesel
Une solution a minima pour beaucoup de spécialistes. Le gouvernement allemand préférait en effet l’installation de nouveaux équipements dépolluants comme des filtres ou des pots catalytiques. Une solution plus coûteuse à laquelle les constructeurs ont échappé.
Surtout, plusieurs grandes villes comme Stuttgart et Munich préconisaient l’interdiction pure et simple de circulation des véhicules diesel. Mais c’était sans compter le poids d’un secteur qui représente un cinquième des exportations du pays et 800 000 postes. La crainte d’une interdiction semble désormais irréaliste alors que les charges s’alourdissent contre les constructeurs.
Récemment, le journal Spiegel a découvert que les cinq principaux constructeurs allemands avaient créé, dans les années 1990, un cartel. Fait totalement interdit par les règles de concurrence et qui lèsent autant les consommateurs que l’environnement. Pour rappel, en 2015, les autorités américaines avaient découvert que Volkswagen avait triché sur le taux de pollution de ses véhicules via un logiciel truqueur. Le nom d’autres constructeurs avait également été dévoilé.
Marina Fabre @fabre_marina