Législatives : les pleins pouvoirs impliquent de grandes responsabilités sur la moralisation, le travail et l’Environnement

Le Premier ministre Edouard Philippe lors de son allocution après la victoire de la République en Marche au 1er tour des élections législatives. - @Matignon
Le Premier ministre Edouard Philippe lors de son allocution après la victoire de la République en Marche au 1er tour des élections législatives. – @Matignon

Le premier tour des élections législatives, ce dimanche 11 juin, semble indiquer que le Président Emmanuel Macron et le Premier ministre Édouard Philippe vont pouvoir s’appuyer sur une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Plus de 400 députés de leur bord sur un total de 577 ! Ces pleins pouvoirs donnent de grandes responsabilités au Président qui a déjà engagé les chantiers de la moralisation de la vie publique, de la réforme du travail et de la lutte contre le changement climatique.

Le premier tour de l’élection législative n’a pas démenti la dynamique de "La République En Marche", le mouvement du Président de la République Emmanuel Macron. Avec 32,2 % des voix réunies, les premières projections prévoient entre 390 et 430 sièges pour ce parti sur les 577 que compte l’Assemblée nationale, loin devant les Républicains (85 à 125) et le PS (20 à 35).
Les six ministres du gouvernement d’Édouard Philippe, engagés dans l’élection, s’en sortent plutôt bien. En Alpes-de-Haute-Provence, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, est en ballottage favorable (44 %). Malgré l’affaire en cours sur des subventions versées aux mutuelles de Bretagne, Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, est également en position de victoire avec 34 % dans le Finistère. Dans l’Eure, la victoire est quasi-acquise pour le ministre de l’Économie, Bruno Lemaire (42%).
La feuille de route d’Édouard Philippe

Les pleins pouvoirs semblent donc acquis pour Emmanuel Macron, malgré une abstention supérieure à 50 %. Avec une route aussi dégagée, le gouvernement a les mains libres pour développer le programme présidentiel. Quelques minutes après les résultats, le Premier ministre Édouard Philippe redonnait d’ailleurs sa feuille de route : "Le rétablissement de la confiance dans la vie publique, l’adaptation du droit à la menace terroriste, la rénovation du modèle sociale et la modernisation du droit du travail". On peut regretter qu’il n’ait pas cité l’urgence environnementale au rang de ses priorités.

Les premiers chantiers sont déjà engagés. Malgré les affaires sur des soupçons d’emplois fictifs au sein du Modem, François Bayrou, garde des Sceaux, a lancé le projet de  loi de moralisation de la vie publique. Son texte comprend l’exigence d’un casier vierge pour les députés, le non-cumul des mandats (pas plus de trois mandats nationaux consécutifs), l’interdiction d’employer des membres de sa famille, la fiscalisation des indemnités parlementaires ou encore l’interdiction des activités de conseils par des élus nationaux…
La réforme du code du travail est également lancée. Des fuites de ce texte ont été publiées par le journal Libération, ce qui a entraîné une plainte du ministère du Travail. Selon ces informations, les critères de recours aux contrats à durée déterminées (CDD) seraient négociables au niveau de l’entreprise, le seuil de déclenchement d’un plan de sauvegarde de l’emploi serait revu à la hausse ou encore les accords d’entreprises auraient la primauté sur le contrat de travail.
Emmanuel Macron a aussi engagé son bras de fer annoncé avec l’Europe sur le sujet des travailleurs détachés, ces salariés européens travaillant dans un pays de l’Union mais dépendant des conditions de travail de leur pays d’origine. Il veut imposer à Bruxelles une limitation du temps de détachement à un an et le renforcement des droits de ces travailleurs en matière de transports, d’hébergement ou de repas…
Aller plus loin que la loi de transition énergétique
Une semaine avant le premier tour des législatives, Emmanuel Macron a aussi mis en avant une ambition climatique qu’on ne lui connaissait pas. Avec le retrait américain de l’Accord de Paris, il a pris à l’international une place de leadership dans la lutte contre le réchauffement. Et sur le plan national, il a confié à Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, la mission d’établir une feuille de route environnementale. Si la loi de transition énergétique de 2015 était passée après des négociations difficiles à l’Assemblée, le gouvernement a désormais toute latitude pour renforcer les ambitions françaises sur les émissions de CO2, le changement du mix énergétique, le recours au recyclage ou le déploiement de transports alternatifs…
Tous ces projets et les autres à venir, comme l’égalité homme-femme, le Grenelle de l’alimentation, le programme d’investissement d’avenir agricole, la mise en place d’une finance au service de l’économie durable, vont pouvoir avancer à grands pas avec un Parlement disposé à soutenir les impulsions présidentielles. Mais charge sera donnée à ce gouvernement de ne pas céder à la précipitation en oubliant le dialogue avec la société civile et charge sera donnée à Emmanuel Macron de réussir à garder sa majorité soudée, sans frondeurs.
Ludovic Dupin @ludovicdupin

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