Ces dernières années, les pics de pollution aux microparticules sont de plus en plus fréquents. L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) appelle la France à renforcer sa réglementation et à porter ce combat au niveau européen.
Dans un avis, rendu mardi 23 mai, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) préconise de revoir les normes en matière d’exposition de la population aux microparticules. Une urgence sachant que ces pics de pollution, essentiellement liée au chauffage et au diesel, sont de plus en plus fréquents. Ils provoquent près de 48 000 morts chaque année dans le pays.
De nouvelles preuves des effets néfastes des polluants de l’air ambiant pour la santé humaine, liés à des expositions à court terme ou à long terme" ont été mis en évidence ces dernières années, insiste l’Anses. "Le bénéfice sanitaire (…) associé au respect de la valeur guide OMS à 10 microgrammes par mètre cube (μg/m3) en France, serait de 17 700 décès évités chaque année et un gain moyen de 7 mois d’espérance de vie à 30 ans dans les villes de plus de 100 000 habitants", ajoute les auteurs.
Aligner PM10 et PM2,5
Aussi, l’Anses recommande à l’Etat "l’adoption de valeurs limites d’exposition de la population plus protectrices que les valeurs actuelles pour les particules fines (PM10 et PM2,5)*, une ambition qui devra être portée au niveau de la Commission européenne puisque ces normes sont issues de la transposition de la réglementation européenne".
D’autre part, elle juge urgent de mettre en place une "norme visant à prévenir les effets à court terme des PM2,5. Une valeur limite en moyenne journalière de 50 µg/m3 est proposée pour les particules PM10. Une telle norme devrait être déclinée pour les PM2,5 pour lesquelles les nouvelles connaissances sur les effets sur la santé sont désormais nombreuses".
Enfin l’agence recommande "une simplification de la réglementation française en matière de normes de la qualité de l’air" car aujourd’hui, "les objectifs de qualité de l’air en vigueur sont en effet peu connus du public et peu visibles dans la communication institutionnelle". Par exemple dans le cas de la pollution à l’ozone, l’Anses propose de supprimer les différents seuils d’alertes à 240, 300 et 360 μg/m3 pour n’en garder qu’un à 240 μg/m3.
Un dossier pour Nicolas Hulot
Autant de recommandations qui sont entre les mains du nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Un décret paru le 25 mai définit les attributions de son ministère. "Il élabore et met en œuvre la politique de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution atmosphérique", peut-on lire. De manière plus générale, Nicolas Hulot a un périmètre d’action très large :
"Le ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, prépare et met en œuvre la politique du Gouvernement dans les domaines du développement durable, de l’environnement, notamment de la protection et de la valorisation de la nature et de la biodiversité, des technologies vertes, de la transition énergétique et de l’énergie, notamment en matière tarifaire, du climat, de la prévention des risques naturels et technologiques, de la sécurité industrielle, des transports et de leurs infrastructures, de l’équipement et de la mer".
*PM 2,5 et PM10 : particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 et 10 micromètres
Ludovic Dupin, @ludovicdupin