Les sept magistrats de la Cour administrative d’appel de Nantes ont rejeté les recours des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Christine Piltant, la rapporteure publique, n’a pas été entendue. Elle préconisait une optimisation de l’aéroport actuel car celui de Notre-Dame-des-Landes serait trop néfaste aux milieux aquatiques.
"Les requêtes sont rejetées", a annoncé le président de la Cour administrative d’appel de Nantes, Gilles Bachelin, ce lundi 14 novembre. Malgré l’avis de la rapporteure publique Christine Piltant, les sept magistrats ont débouté les opposants. La Cour confirme ainsi la légalité du projet d’aéroport Notre-Dame-Des-Landes, suspendu depuis quatre ans. Il prévoit la construction d’une plateforme aéroportuaire et d’une desserte routière dans des zones dites humides.
Le glycol dans le viseur
Les opposants demandaient l’annulation des cinq arrêtés préfectoraux permettant à l’État et au concessionnaire – une filiale de Vinci – de déroger aux interdictions de destruction de ces zones humides. Une dérogation aux "lois sur l’eau" et "espèces protégées" trop néfaste aux milieux aquatiques, estimait Christine Piltant lors de l’audience du 8 novembre.
Dans son viseur, le rejet de glycol, produit de dégivrage des avions, hautement polluant pour les milieux humides. La rapporteure publique préconisait une optimisation de l’aéroport existant, celui de Nantes-Atlantique, plutôt que la construction d’un nouvel aéroport, nocif à l’environnement.
Mais ni les arguments, ni le rapport détaillé de Christine Piltant n’auront suffi. C’est "une énorme déception et une incroyable surprise", a réagi Le candidat EELV à la présidentielle, Yannick Jadot.
"Énorme déception"
Les opposants ont désormais un mois devant eux pour déposer un recours devant le Conseil d’État. Manuel Valls estime de son côté que "le jugement, intervenant après 168 décisions de justice favorables au projet, prouve une nouvelle fois que le projet est parfaitement légal et conforme aux réglementations en vigueur".
Et le Premier ministre d’affirmer que les travaux commenceront cet automne. L’évacuation des zadistes – point de friction entre le Premier ministre et la ministre de l’Environnement – sera "progressive", a-t-il précisé.
"L’ensemble du mouvement anti-aéroport réaffirme qu’il ne laisse place à aucun début de travaux ni d’expulsion sur la ZAD (zone d’aménagement différé pour le gouvernement, zone à défendre pour les zadistes, NDRL) de Notre-Dame-des-Landes", préviennent les opposants. "La décision de la Cour d’appel n’entame en rien la légitimité de notre combat face à la destruction du vivant et à la marchandisation du monde."