Top départ en 2015 : l’entreprise canadienne Nautilus Minerals s’apprête à exploiter le gisement d’or, de cuivre d’argent et de zinc situé dans l’océan Pacifique au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais des spécialistes de l’environnement s’inquiètent, notamment sur les risques pour la biodiversité. D’autant qu’en cas de succès, cette exploitation ouvrirait la voie à d’autres dans le monde. La France participe au débat : le 19 juin prochain, l’Ifremer et le CNRS publieront leurs conclusions sur "les impacts environnementaux de l’exploitation des ressources minérales marines profondes ".
Professeur à l’université Duke, de Caroline du Nord, Cindy Lee Van Dover est une spécialiste reconnue de la biodiversité des océans. A ses yeux, "il y a de bonnes chances qu’il y ait des espèces endémiques sur le bassin de Manus, où Solwara est situé". Mais pas sur le site spécifique de la mine, qui fait 11 hectares. Elle ajoute que "chaque fois que nous allons sous l’eau, même dans un site déjà étudié, nous trouvons de nouvelles espèces".
Quel impact sur l’écosystème ?
Selon l’exploitant canadien Nautilus Minerals, il n’y a rien à craindre pour l’écosystème : ce sont en tout cas les conclusions de l’étude d’impact environnemental. Toutes les précautions seront prises, assure la directrice de l’environnement de l’entreprise, Samantha Smith. Elle insiste sur la fiabilité de l’environnement à Solwara. "De nombreux exemples ont montré que des environnements comme Solwara sont résilients aux perturbations et même à des impacts causés par des tremblements de terre ou des éruptions volcaniques ".
Un enjeu d’avenir
L’enjeu du débat est important. Outre des espèces animales restant à découvrir, Solwara contient, en effet, plus de 5 % de cuivre : c’est beaucoup plus que les mines terrestres, qui s’épuisent. La plus importante au monde, Escondida (Chili), a vu sa teneur passer de 2,7 % à 1,4 % entre 1993 et 2008. Si on ajoute que la demande en cuivre devrait continuer de croître, il n’est guère étonnant que les géants miniers s’intéressent à ces ressources ; les groupes Anglo American et Metalloinvest sont d’ailleurs au capital de Nautilus Minerals.