L’Equateur et l’Arctique ont été le théâtre de deux grandes crises pétrolières qui sont loin d’être achevées. Dans le premier cas, la compagnie américaine Chevron met tout en œuvre pour ne pas payer l’amende colossale à laquelle elle a été condamnée pour pollution de l’Equateur. Dans le second, l’arrestation des militants de Greenpeace puis leur amnistie a mobilisé l’opinion publique sur l’exploitation pétrolière dans l’Arctique. Retour sur les épisodes qui ont marqué l’année.
Chevron ne veut pas entendre parler du principe pollueur payeur
Enième épisode juridique dans la bataille titanesque que Chevron livre aux autorités équatoriennes : le 23 décembre 2013, elle a saisi la Cour suprême du pays pour demander l’annulation de l’amende de 7 milliards d’euros à laquelle elle a été condamnée pour pollution de l’Amazone. Cette action suit d’autres saisines de tribunaux américains, européens et équatoriens dont l’unique objectif est de contester la légitimité de l’action en justice des 30 000 paysans équatoriens qui ont demandé réparation à Texaco, rachetée ensuite par Chevron, pour pollution de l’Amazone entre 1964 et 1990. Chevron n’a jamais accepté d’être condamné par les tribunaux équatoriens à payer cette amende colossale. Elle s’est élevée dans un premier temps à 7 milliards d’euros, a été doublée en appel en 2011 et ramené en novembre 2013 à son niveau initial.
Ce montant pas plus que les autres n’a jamais été provisionné dans les comptes de la compagnie. Chevron a préféré multiplié les contentieux devant la justice américaine, en attaquant les actionnaires qui lui demandaient des comptes tout comme les paysans équatoriens. Son bras de fer crée aujourd’hui des tensions fortes entre l’Equateur et les Etats-Unis et symbolise le refus d’une entreprise de payer pour les dommages dont elle est indirectement la cause.
Elle a remplacé dans ce rôle emblématique au plan mondial Dow Chemical, indissolublement liée à la catastrophe de Bhopal.
L’Arctique : champ de bataille entre écologistes et compagnies pétrolières
Un autre front s’est ouvert en 2013 dans l’Arctique avec l’action spectaculaire de Greenpeace. L’ONG y a envoyé un brise-glace, l’Artic Sunrise, avec une trentaine de militants à bord pour empêcher la compagnie russe Gazprom d’exploiter une plate-forme pétrolière. Ils ont été arrêtés en septembre, emprisonnés, puis accusés de piraterie dans un premier temps, de vandalisme dans un second temps. La Russie avait annoncé, dès 2011, son ambition d’exploiter cette zone malgré les dangers que cela représente pour cet écosysteme. L’arrestation des militants de Greenpeace a déclenché une vague de protestation, entretenue par des actions de l’ONG environnementale, mais finalement l’amnistie générale déclarée par Vladimir Poutine, en décembre, a mis fin au mouvement. Le 20 décembre 2013, Gazprom a extrait du pétrole de la plateforme ciblée par Greenpeace. Il n’y a donc « pas d’amnistie pour l’Arctique« , selon l’expression des militants écologistes libérés.