Le Premier ministre, Jean Castex, a promis de consacrer au moins 20 milliards d’euros pour la transition écologique. Selon un outil lancé par un consortium de think tanks, Energy Policy Tracker, cela classerait la France parmi les pays les plus ambitieux du G20. Depuis le début de la crise, les gouvernements ont dépensé 151 milliards de dollars pour les énergies fossiles, contre seulement 89 milliards pour les énergies propres. La France ferait figure d’exception dans ce panorama.
20 milliards d’euros, c’est la somme que le gouvernement entend consacrer à l’écologie, sur les 100 milliards que compte le plan de relance français. L’annonce a été faite par le nouveau Premier ministre Jean Castex, dans son discours de politique générale prononcé mercredi 15 juillet. Ce montant sera destiné à la rénovation thermique des bâtiments, à la réduction des émissions des transports et de l’industrie, à une alimentation plus locale et durable ou encore aux "technologies vertes de demain comme les batteries", a détaillé le chef du gouvernement.
Une annonce globalement saluée d’autant que le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, s’est même dit "favorable" à aller "plus loin que les 20 milliards indiqués". "Nous allons regarder avec Barbara Pompili s’il faut faire un effort supplémentaire. […] Est-ce qu’on ne peut pas en rajouter sur tel ou tel projet, comme la rénovation énergétique des bâtiments ? J’y suis favorable", a-t-il déclaré au micro de France Inter.
151 milliards de dollars pour les fossiles
Si ces 20 milliards d’euros se concrétisent, la France se retrouverait parmi les pays du G20 les plus ambitieux sur la question de la transition écologique. Un consortium de 14 think tank vient d’ailleurs de lancer un nouvel outil, Energy Policy Tracker (1), pour suivre les plans de relance post Covid-19. Selon leurs premières estimations, publiées le 15 juillet, depuis le début de la crise, il apparaît que 151 milliards de dollars ont été consacrés aux énergies fossiles contre seulement 89 milliards de dollars pour les énergies propres.
En tête, les États-Unis ont consacré 58 milliards de dollars aux hydrocarbures, sans aucune conditionnalité, devant l’Allemagne (12,5 milliards), le Canada (10 milliards) et l’Inde (9 milliards). À contrario, seul le Royaume-Uni a débloqué plus de 10 milliards de dollars d’aides directes pour les énergies vertes, ce qui reste encore deux fois moins que ce que vient de promettre la France. Par ailleurs, l’Hexagone est l’un des rares pays, avec l’Allemagne et le Canada, à avoir conditionné ses aides au secteur fossile.
Ainsi, sur les près de 18 milliards d’euros versés aux secteurs fortement émetteurs, 13,8 milliards ont été conditionnés à des contreparties environnementales. Mais ces contreparties demeurent "vagues" selon le consortium. Dans le cadre de l’examen du PLFR3, les députés ont introduit l’obligation pour les grandes entreprises, dans lesquelles l’État prendra une participation, de publier chaque année un rapport sur le respect de leurs engagements climatiques "en cohérence avec les budgets carbone sectoriels". Mais aucune sanction n’est prévue en cas de manquement aux objectifs.
Concepcion Alvarez @conce1
(1) Energy Policy Tracker