[Effet Post-Covid] La France et l’Europe soignent leur indépendance industrielle et technologique

L'Europe déploie la technologie 5G mais souhaite se passer des antennes chinoises. - @NicoElNino
L'Europe déploie la technologie 5G mais souhaite se passer des antennes chinoises. – @NicoElNino

Lorsque l’économie mondiale a commencé à ralentir, l’Europe et la France ont pris conscience de leur extrême dépendance aux chaînes d’approvisionnement et aux technologies étrangères. C’est une question de souveraineté pour le Vieux Continent qui a décidé de réagir en commençant par deux secteurs : la production de médicaments et la 5G. Toute la semaine, Novethic revient sur les effets secondaires positifs que la crise sans précédent du Covid-19 a entraînés.

C’est un sujet qui a surgi très tôt lors de la crise sanitaire du Coronavirus. Avant même que la France ne se confine, la diminution des échanges commerciaux avec la Chine a mis en lumière la dépendance des entreprises européennes à l’atelier du monde qu’est la Chine. La France en premier. L’Hexagone a complètement abandonné son secteur industriel qui représentait 25 % du PIB à la fin des années 70, et à peine 10 % désormais. La moyenne européenne est à 20 %, l’Allemagne est à 27 %…
Plusieurs secteurs l’ont payé cash : automobile, textile ou encore médicaments. 80 % des principes actifs présents dans nos médicaments sont fabriqués hors de l’Union européenne, principalement en Asie. Depuis longtemps, l’Académie nationale de pharmacie appelle à "relocaliser la production des matières premières pharmaceutiques" notamment pour les antibiotiques, les anticancéreux et les vaccins.
Emmanuel Macron a bien entendu l’alerte. Le 16 juin dernier, à l’occasion d’une visite dans une usine de Sanofi, il appelait à enfin prendre des mesures en ce sens : "Tout le monde a vu pendant cette crise que certains médicaments usuels n’étaient plus produits en France et en Europe". Dans la foulée, il assurait que "certaines productions critiques" de santé allaient être relocalisées sur le territoire. Pour preuve, dans la foulée, l’industriel français de la pharmacie annonçait un investissement de 610 millions d’euros pour créer un nouveau site de production de vaccin dans l’Hexagone.
De l’indépendance à la souveraineté
Cette question d’indépendance industrielle, qui se décline dans d’autres secteurs, prend une dimension de souveraineté technologique. Un enjeu qui ne prenait pas malgré de nombreuses alertes lancées ces dernières années et qui se heurtait souvent au droit européen sur la concurrence. Aujourd’hui la souveraineté s’impose dans le débat public à la faveur du déploiement en cours de la technologie 5G au sein de l’Union.
La cinquième technologie de communication pour les mobiles passe par l’installation de nouvelles antennes. L’un des principaux fournisseurs mondiaux en la matière est le chinois Huawei, déjà banni des États-Unis. Et plusieurs pays européens craignent que ces technologies soient un cheval de Troie chinois pour pénétrer les données les plus sensibles. La puissance de la 5G, qui permettra le traitement massif de grands flux de données, porte en effet la promesse de numériser réellement nos économies.
Ce qui signifie qu’elle transportera des données stratégiques des administrations, les informations de santé des citoyens, les plans des entreprises, etc. Le Royaume-Uni et l’Italie sont en voie d’interdire la technologie de Huawei. La France prend une position médiane. Elle a décidé que les opérateurs de 5G utilisant la technologie chinoise n’auraient qu’une autorisation limitée à huit ans. C’est le cas aujourd’hui de Bouygues Telecom et SFR. En revanche, ceux qui ont opté pour les outils européens de Nokia et Ericsson, comme Free et Orange n’auront pas de limitation.
Ludovic Dupin, @LudovicDupin

Aller au contenu principal