Ce matin, vers 6 heures, quatre militants de l’ONG Greenpeace sont montés sur la grue attenante à la cathédrale, haute d’environ 80 mètres. Vêtus d’un uniforme jaune et coiffés d’un casque, ils ont tiré une banderole géante "Climat: aux actes" et la signature "Greenpeace", en noir sur fond jaune.
Action de Greenpeace à #NotreDame : on a besoin de vous !
Partagez cette vidéo pour dénoncer l’hypocrisie d’E. Macron sur le climat, c’est #NotreDrame à tous et toutes ! pic.twitter.com/bzI3xgHte6
— Greenpeace France (@greenpeacefr) July 9, 2020
L’un d’entre eux, suspendu dans le vide, a brandi le message "Macron, climat, Notre-Dame". L’action s’est terminée vers 8h30 et la banderole a été retirée. "Avec cette action, Greenpeace s’adresse directement à Emmanuel Macron pour dénoncer son inaction climatique", a expliqué dans un communiqué l’ONG, qui a attaqué le gouvernement en justice pour ce motif, aux côtés d’autres associations. "Depuis le début de son mandat, le chef de l’État a multiplié les grands discours sur l’écologie mais rechigne toujours à mener une politique qui soit véritablement à la hauteur de l’urgence climatique. Le dernier remaniement gouvernemental est une preuve supplémentaire du manque d’ambition du président", estime Greenpeace.
L’ONG a choisi le chantier de la cathédrale Notre-Dame, ravagée par un incendie en avril 2019, "parce que c’est un lieu iconique" et qu’elle est "en train d’être reconstruite". "On aimait ce parallèle avec un monde qui doit être reconstruit autrement", a déclaré le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard. "Sans grand changement" dans trois secteurs prioritaires, "le transport, le logement et l’agriculture", "il n’y aura pas assez de baisses des émissions" de gaz à effet de serre en France pour respecter l’accord de Paris, a-t-il estimé.
Le Haut Conseil pour le climat tire aussi la sonnette d’alarme
Sur France Info, la nouvelle ministre de l’Écologie Barbara Pompili a vu dans cette action "un petit cadeau de bienvenu, un petit message d’encouragement". "C’est toujours des gens que j’apprécie et que je respecte, ce sont des lanceurs d’alerte", a-t-elle confié. L’arrivée de Barbara Pompili au gouvernement se fait donc sous la pression. D’autant que l’action de Greenpeace intervient au lendemain du rapport annuel de Haut conseil pour le climat, instance créée fin 2018 pour évaluer les politiques publiques dans ce domaine, qui a averti que les premières mesures d’urgence pour redresser l’économie après la crise du coronavirus n’intégraient pas suffisamment l’enjeu climatique. Les experts ont insisté : "L’enjeu n’est pas d’intégrer le climat au cadre du plan de reprise, mais d’insérer le plan de reprise dans les limites du climat."
Plus globalement, la nouvelle ministre, appelée à aller plus loin sur le climat, va devoir répondre à la vague verte survenue aux Municipales. Les nouveaux maires écologistes sont déjà en ordre de bataille. Jeanne Barseghian à Strasbourg et Pierre Hurmic à Bordeaux ont tous deux pris une première décision de taille : déclarer l’urgence climatique sur leur territoire. Des centaines de conseils municipaux à travers le monde ont déjà pris cet engagement. Un symbole qui devra s’accompagne d’une action climatique ambitieuse.
Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP