L’État pense pouvoir sauver 2 000 des 5 000 emplois qu’Airbus va supprimer en France

En difficulté, Airbus va supprimer 15 000 emplois dont 5 000 en France. - @Airbus
En difficulté, Airbus va supprimer 15 000 emplois dont 5 000 en France. – @Airbus

Airbus annonce un lourd plan de licenciements suite à la crise du Covid-19 qui a mis à genoux le secteur aéronautique. Ce sont 15 000 emplois qui vont être supprimés dont 5 000 en France, soit 10 % des effectifs. Un chiffre excessif selon le gouvernement qui appelle l’entreprise à faire appel à toutes les aides d’État.

Les dispositifs d’aide de l’État devraient permettre de "sauver" 2 000 emplois, sur les 5 000 postes qu’Airbus entend supprimer en France, a assuré mercredi le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. "Il est envisagé, au niveau mondial, 15 000 suppressions d’emplois, dont 5 000 en France, mais ça ne tient pas compte des différents dispositifs d’État, et des dispositifs d’entreprise", a relevé Jean-Baptiste Djebbari sur BFMTV et RMC.
L’avionneur a annoncé mardi 30 juin la suppression d’environ 15 000 postes, soit 11 % de ses effectifs, dont 5 100 postes en Allemagne, 5 000 en France, 1 700 au Royaume-Uni, 900 en Espagne et 1 300 sur les autres sites du groupe dans le monde. Un plan que Bercy juge "excessif". "Nous attendons d’Airbus qu’il utilise pleinement les instruments mis en place par le gouvernement pour réduire le nombre des suppressions d’emplois", indique une source gouvernementale.
Un contexte difficile
"Si vous mettez en place l’activité partielle longue durée (…), c’est 1 500 emplois qui seraient sauvés" en France, où Airbus employait 49 000 personnes fin 2019. "On investit aussi massivement sur l’avion de demain, la nouvelle génération d’avions verts, sobres en carbone, c’est 500 emplois qui vont être sauvés pour Airbus. Déjà 2 000 emplois !", explique Jean-Baptiste Djebbari.
S’ajoutent, selon lui, "les dispositifs d’entreprise : le volontariat, les départs volontaires, les congés formation. (…) L’État demande à Airbus de faire en sorte qu’il y ait le moins de départs contraints, le moins de licenciements secs possible", a-t-il insisté. "Je veux être un homme politique réaliste", a-t-il ajouté. "Airbus a vu au même moment et partout dans le monde ses commandes annulées ou stoppées, et Airbus envisage une activité réduite à 60 % pendant deux ans. Il y a un contexte."
"Quand on dit que depuis le début du Covid, on a eu 98 % du trafic aérien qui s’est effondré, que la crise est possiblement durable, on parle de retour à la normale en 2023, 2024, 2025… Moi, je ne sais pas dire comment les Français, les Européens vont revoyager. Je ne sais pas dire s’ils vont revoyager loin, je ne sais pas dire si la clientèle d’affaires va revenir dans les avions… (…) Et ne sachant pas dire ça, je ne sais pas prévoir les carnets de commandes des avions."
Airbus sceptique
Si l’avionneur n’exclut pas des licenciements, il compte sur les départs volontaires, des mesures de retraite anticipée et sur les dispositifs de chômage partiel pour les limiter. Concernant les effets de l’activité partielle de longue durée en France, son président exécutif, Guillaume Faury, s’était montré plus prudent que le secrétaire d’État aux Transports, dans un entretien à l’AFP mardi.
"On ne connaît pas les modalités précises du dispositif (…) donc il faut parler avec prudence, mais on pense qu’on peut aller jusqu’à à peu près 1 000 emplois, des gens qu’on aimerait pouvoir garder dans l’entreprise jusqu’au premier trimestre 2022", avait-il dit.
Ludovic Dupin avec AFP

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