Le Coronavirus a mis au point mort l’activité économique en France. Les entreprises, qui résistent difficilement, tentent de relancer au moins partiellement leur activité. C’est le cas de Michelin, un des premiers industriels à avoir fermé ses usines ou encore de McDonald’s qui lance des tests de drive dans une quinzaine de restaurants avant une possible généralisation. Reste à convaincre les syndicats et salariés que les mesures de protection sanitaires sont suffisantes.
Le Coronavirus s’est abattu brutalement sur les entreprises françaises. Les deux premières semaines de confinement, 32 % de l’activité économique globale a chuté, selon la Banque de France. Face à la pression économique et au prolongement du confinement, de plus en plus d’entreprises, de première nécessité ou non, tentent de reprendre leur activité. Le patron du Medef les incite fortement à le faire. Geoffroy Roux de Bézieux a ainsi appelé "tous les entrepreneurs qui le peuvent à reprendre dès maintenant leur activité, en respectant bien entendu les règles sanitaires de sécurité".
C’est le cas notamment du groupe Michelin, un des premiers industriels à avoir fermé ses usines en Europe. Dans une interview au Monde, le PDG, Florent Ménegeux, explique avoir envoyé le 30 mars une vidéo à ses équipes pour signaler "la reprise des activités en France et en Europe". L’usine de Troyes, dans l’Aube, a commencé à cuire son premier pneu le 1er avril pour approvisionner le monde agricole. "Il est important de comprendre que le redémarrage d’activités industrielles comme celles de Michelin prend du temps. Nous montons graduellement en cadence les capacités de production", explique le PDG.
Ne pas rater le redémarrage de l’appareil industriel
Car il s’agit de ne pas rater le redémarrage de l’appareil industriel. La filière automobile, dont le marché s’est effondré de 72 %, s’inquiète particulièrement. Elle estime que la reprise est d’une "urgence vitale" au moment où "l’industrie allemande accélère, en phrase avec son gouvernement, la préparation du redémarrage rapide aussi bien de son appareil de production que de ses activités de vente (…)." Le gouvernement français assure pourtant travailler sur ce point. Dans une interview aux Échos, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, explique avoir engagé un travail avec "toutes les filières pour regarder quelles sont les modalités de déconfinement pour chacune d’entre elles." Et d’ajouter : "Elles sont très variables et complexes d’un secteur à l’autre."
En attendant un plan global de déconfinement, chaque entreprise fait ses propres choix, en s’adaptant à la situation. Les magasins de vin Nicolas par exemple n’ont rouvert leur porte que le 1er avril alors qu’ils étaient considérés comme des commerces alimentaires essentiels. Mais l’enseigne explique avoir pris le temps de mettre en place un protocole pour sécuriser ses équipes et les consommateurs.
Conflits entre reprise et sécurité sanitaire
Chez McDonald’s, le groupe qui a fermé ses quelque 1 500 restaurants, a décidé de redémarrer partiellement son activité. Début avril, l’enseigne a rouvert une quinzaine de sites dans l’Ouest et la région parisienne via le drive et la livraison à domicile, avec des mesures de précaution accrues consignées dans un guide publié pour l’occasion. Ce dernier établit notamment la fin du paiement en espèce, le port du masque obligatoire ou encore une réduction des équipes. "Si le test fonctionne et qu’il est validé sur le terrain, il sera élargi à une trentaine d’autres restaurants dans une phase 2, au cours de laquelle nous réévaluerons l’ensemble des process trois fois par semaine", a fait valoir le groupe à Ouest France.
Reste à convaincre les syndicats et les salariés de la nécessité de cette reprise de l’activité alors que le Coronavirus a provoqué près de 15 000 décès en France. D’un côté, les "pro-reprise" arguent qu’un arrêt économique prolongé aura des conséquences sociales désastreuses. De l’autre côté, les syndicats appellent à ne pas se précipiter sans garantie sanitaire. À Cholet par exemple, trois syndicats de l’usine de Michelin estiment que toutes les conditions ne sont pas réunies pour cette relance progressive.
Marina Fabre, @fabre_marina