[Génération climat] Après les marches pour le climat, des jeunes prennent le chemin de la politique

L'enjeu pour ces jeunes en politique est de perdre en radicalité. - Nutthaseth Vanchaichana / Istock
L'enjeu pour ces jeunes en politique est de perdre en radicalité. – Nutthaseth Vanchaichana / Istock

Les marches pour le climat ne suffisent plus. Une partie de la génération climat, celle qui est descendue dans la rue pour crier l’urgence climatique, a fait le choix de s’engager en politique. L’enjeu, pour elle, est de garder sa radicalité, tout en changeant les choses de l’intérieur. Un choix que certains refusent, préférant la désobéissance civile pour passer à la vitesse supérieure. Voici l’ultime épisode de notre série dédiée à la mobilisation des jeunes pour le climat. 

"D’une certaine manière nous n’avons rien obtenu". Cette phrase de Greta Thunberg en pleine COP25 sonne-t-elle la fin de la mobilisation de la jeunesse pour le climat ? "Ce n’est pas une solution durable que des enfants manquent l’école pour protester, nous aimerions des actions de la part des gens au pouvoir", a martelé la jeune activiste. Pendant des mois, des millions de jeunes ont répondu à son appel, descendant dans la rue pour crier l’urgence climatique. Et après ?
Garder sa radicalité en politique 
"On commence à être fatigués", concède Fiona*, militante de 22 ans. "Ces marches ont permis de sensibiliser mais aussi de prendre conscience qu’on était beaucoup à ressentir cette urgence. Il y a eu un déclic émotionnel mais on ne peut pas dire que cela se soit traduit en action". Face à cette déception, certains jeunes ont décidé de s’engager en politique. C’est le cas de Claire Lejeune, co-secrétaire des Jeunes écologistes qui prépare sa candidature sur une liste pour les prochaines élections municipales. 
"L’urgence climatique et sociale répond à des problèmes systémiques. Pour changer les choses en profondeur, il faut mettre un pied dans les institutions", admet-elle. "L’enjeu est de garder notre radicalité, notre authenticité". Si cette militante a choisi la politique locale, c’est qu’elle digère encore l’échec de Nicolas Hulot. "Même un ministre d’État comme lui n’a pas pu changer la donne. Pour moi, on peut y arriver localement, avec des actions de terrain dans les territoires".
Désobéissance civile vs politique : un désaccord stratégique 
Le risque, pour cette jeunesse qui s’engage en politique, est de devenir une cible. Dans les marches pour le climat, c’est l’inaction des politiques qui étaient pointés du doigt. Or ces jeunes sont désormais des politiques. "Je suis toujours un militant. L’un n’empêche pas l’autre. J’ai continué à militer depuis mon passage à Bruxelles", explique Romaric Thurel, ancien coordinateur de Youth For Climate et désormais attaché parlementaire de la députée EELV Marie Toussaint. Fraîchement élue, l’eurodéputée est à l’origine de l’Affaire du siècle, la pétition la plus populaire de l’histoire en France. "La dimension européenne est passionnante et beaucoup de choses se décident ici", assure Romaric Thurel. 
Reste que tous ne suivent pas cette trajectoire. Certains ont préféré durcir le ton, en restant dans la rue. Fini les marches, place à la désobéissance civile. "Je ne suis pas prêt à faire des concessions. S’engager en politique, dans un parti, cela nécessite un formatage", croit Mario, militant Extinction Rebellion. "Dans mon mouvement, les choses sont horizontales, on décide ensemble". Pour Claire Lejeune, entre la désobéissance civile et la politique, "il y a un désaccord d’ordre stratégie" mais "sur le fond, on est d’accord". 
Marina Fabre, @fabre_marina
*Les prénoms ont été modifiés

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