Le géant allemand de la chimie Bayer a annoncé mardi s’être fixé un objectif de "neutralité carbone d’ici 2030". Un objectif qu’il compte atteindre grâce à un programme de réduction et de compensation de ses émissions de gaz à effet de serre.
Dans le sillage d’un nombre grandissant de multinationales, c’est désormais Bayer qui vient d’annoncer son intention de devenir neutre en carbone d’ici 2030. Une annonce encore rare dans le milieu de la chimie (avec BASF) et qui n’est sans doute pas étrangère à son besoin de montrer des efforts en matière de réduction de son impact écologique. Depuis son rachat du géant américain des biotechnologies Monsanto, Bayer est devenu l’un des plus gros groupes agrochimiques au monde, mais fait face à une forte défiance du public dans ce domaine.
La durabilité va "devenir un élément à part entière de notre activité et de notre succès économique de long terme", a indiqué le président de Bayer, Werner Baumann, dans une tribune publiée dans le quotidien économique allemand Handelsblatt mardi 10 décembre.
Diminuer l’empreinte écologique de toute l’activité
Le groupe compte supprimer ses émissions de CO2, qu’il dégage à hauteur de quatre millions de tonnes par an, en ayant recours massivement aux "énergies renouvelables" et en "prenant des mesures d’efficacité énergétiques". Sur les "plus gros marchés agricoles", le groupe entend "réduire l’impact sur le climat des produits de protection des cultures (pesticides) de 30% avant 2030". Plus globalement, Bayer travaillera "avec les agriculteurs" pour diminuer "l’empreinte écologique" de leur activité, "partout où l’entreprise est présente".
Les "émissions restantes" devraient être "compensées" par des projets de "stockage de carbone dans le sol" et de "développement de la biodiversité". Reste à voir la façon dont les "émissions restantes" seront définies car les programmes de neutralité carbone en vogue en ce moment dans les différentes organisations manquent cruellement de standard commun au niveau international. Par ailleurs, les pesticides sont régulièrement dénoncés pour porter atteinte à la biodiversité…
Des experts externes contrôleront les efforts de l’entreprise et le reporting sera soumis à "la même rigueur que ses objectifs financiers" et les objectifs seront "intégrés au processus de décision et de management", assure Bayer dans un communiqué.
La rédaction avec AFP