[Édito] Climat et précarité, le cocktail explosif d’une jeune génération en colère

La jeunesse est dans la rue pour le combat social et le combat climatique. - @AmisdelaTerre @Twitter
La jeunesse est dans la rue pour le combat social et le combat climatique. – @AmisdelaTerre @Twitter

La jeunesse est dans la rue. Elle l’est pour sauver le climat, pointant du doigt l’inaction de leurs aînés en la matière. Et elle l’est pour des raisons sociales, unie sous le slogan "la précarité tue", alors qu’un étudiant s’est immolé après avoir perdu sa bourse. Ces deux combats, qui se rejoignent à bien des égards, seront-ils compris par les dirigeants qui ont connu un autre monde ?

Souvenez-vous, à l’origine du développement durable était l’idée qu’il fallait répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le concept a été largement promu depuis le sommet de la Terre à Rio en 1992, il y a plus de 25 ans. Depuis, le Brésil est dirigé par un leader d’extrême droite, Jair Bolsonaro, qui souhaite exploiter l’Amazonie, et les générations futures de l’époque sont étudiantes ou entament leur vie professionnelle.
Sur le climat, leur colère a donné les manifestations monstres du vendredi partout dans le monde et, en France, le Manifeste pour un Réveil écologique signé par plus de 30 000 étudiants de grandes écoles. Leur message est clair : nous ne voulons pas travailler pour les entreprises responsables des dommages écologiques et sociaux et qui n’essaient même pas de trouver des solutions.
Le souvenir des trente glorieuses

Sur le plan social, la colère a éclaté vendredi 9 novembre quand un étudiant s’est immolé par le feu à Lyon pour dénoncer son insoutenable précarité sociale. Les manifestations qui se sont déroulées mardi dans les rues de plusieurs grandes villes ont donné de nouveaux slogans comme "la précarité tue". Les reportages sur les très difficiles conditions de vie d’étudiants qui doivent louer un studio de 12 m2 pour plus de 500 euros par mois ont fleuri dans les médias.
Le lien entre ces deux colères est le fait que les jeunes payent au prix fort la crise grave et profonde, environnementale et sociale que nous traversons. Comment les dirigeants des principales puissances peuvent y répondre ? L’Américain Trump (73 ans), le Russe Poutine (67 ans), le Chinois Xi Jinping (66 ans) ont une vision du monde née avec eux dans les prospères Trente Glorieuses où le développement semblait l’alpha et l’oméga. Pour construire le modèle durable dont les jeunes ont besoin, il va falloir reprogrammer leur logiciel et redonner aux jeunes l’espoir et les moyens dont ils ont besoin pour construire leur avenir qui est aussi le nôtre !
Anne-Catherine Husson-Traore,  @AC_HT, Directrice générale de Novethic

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