[Tour du monde des transitions] En Inde, la famille Bachchan s’adapte au rythme des mégalopoles

En Inde, la famille Bachchan réussit à baisser ses émissions de gaz à effet de serre suffisamment pour être en ligne avec l'Accord de Paris. Un pari réussi grâce au virage des énergies renouvelables. - @Deepak Sethi
En Inde, la famille Bachchan réussit à baisser ses émissions de gaz à effet de serre suffisamment pour être en ligne avec l'Accord de Paris. Un pari réussi grâce au virage des énergies renouvelables. – @Deepak Sethi

À Bangalore, la famille Bachchan prend ses marques. Venue de la campagne, ils espèrent une vie meilleure pour eux et leurs enfants. Ils parient sur la transition énergétique du pays pour réduire l’un des principaux problèmes des villes indiennes : la pollution de l’air. Toute la semaine, Novethic fait le tour du monde de la transition en cours sur la période 2020-2050 en s’appuyant sur les travaux Our Life 21 du think tank 4D*, qui se basent sur les tendances existantes et les contributions des différents pays à l’Accord de Paris. Voici l’histoire, fictive, d’une famille indienne.

Rahul et Anjali, 25 ans, sont mariés depuis six ans. Ils ont deux enfants, Fardeen et Alia, de deux et trois ans. En 2019, ils ont quitté leur village pour s’installer à Bangalore, dans le sud de l’Inde. Rahul vient d’y décrocher un job de programmeur en informatique.

2020 : le confort de la vie urbaine


16 février 2020. C’est le grand jour ! Après 8 mois passés chez un proche parent, la famille Bachchan vient de trouver un logement, modeste, en centre-ville de Bangalore. L’acclimatation à cette ville de plus de 10 millions d’habitants n’est pas simple. Si Rahul et Anjali apprécient leur nouveau confort (toutes les maisons de leur village n’avaient pas l’électricité ou l’eau courante), les nombreux parcs de celle qu’on appelait autrefois la "cité jardins" restent insuffisants pour vraiment respirer… Toute la semaine, ils enchaînent les trajets en bus éreintant dans les interminables bouchons de la ville.
Anjali craint pour la santé des enfants : Bangalore est ultra-polluée par la circulation et emplie de déchets qui s’amoncellent faute d’infrastructures efficaces pour leur prise en charge. À l’extérieur de la ville, les centrales thermiques fonctionnent encore pour la plupart au charbon.
En chiffres : En 2020, malgré l’alimentation du pays par une énergie très carbonée (charbon), les émissions de gaz à effet de serre de la famille Bachchan sont relativement faibles, de l’ordre d’1 tonne d’équivalent CO2 par personne. Cela est dû à leur utilisation des transports en commun et à leur niveau de vie encore modeste.
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2030-2040 : le travail comme levier de transformation


6 novembre 2034. La famille Bachchan emménage dans un appartement de 55 mètres carrés, situé dans l’un des nouveaux quartiers de la ville. Il était temps : avec les enfants, ils se sentaient à l’étroit. Grâce à son nouveau travail de manager dans une entreprise high-tech en vue, Rahul a pu bénéficier d’un crédit immobilier intéressant. Il ne sera qu’à quelques minutes de son travail, ce qui va lui éviter les heures de bouchons qui le rendaient fou. Anjali ne sera pas non plus très loin de l’entreprise où elle officie en tant que comptable.
Surtout, ils vont pouvoir bénéficier de toutes les infrastructures modernes de transports et de gestion de déchets mais aussi d’éducation. Cela va grandement leur faciliter la vie avec les enfants. Enfin, si Fardeen veut bien déscotcher de ses écrans ! Le quartier a aussi mis en place un service d’auto-partage électrique utile pour se déplacer dans la ville. En quelques clics, la voiture est réservée sur son smartphone… C’est simple, relativement accessible et cela permet de pallier l’insuffisance des transports en commun dont le développement peine à suivre la croissance démographique effrénée de cette mégalopole.
En chiffres : Entre 2030 et 2040, les émissions de la famille Bachchan ont fortement diminué, notamment du fait du changement de mix énergétique opéré par le pays, qui se dirigent de plus en plus vers les énergies renouvelables. 
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2050 : la transition énergétique


6 juin 2050. Anjali vérifie une nouvelle fois le bilan comptable de son entreprise et l’envoie au directeur financier. Quel gain de temps et de calme depuis qu’elle télétravaille. Cela lui permet de dégager du temps pour s’occuper de sa mère venue vivre avec eux depuis un an. Après la mort de son père et une chute, Anjali ne lui a pas laissé le choix. À son âge, rester vivre seules dans un village n’est pas sage. Sa mère a faiblement protesté, la solidarité familiale reste vive dans la culture indienne. 
C’est l’heure de préparer à manger. Ce soir, Fardeen vient dîner avec Marina, sa femme. Ils habitent à l’autre bout de Bengalore, en lisière de la ville. Mais depuis que le tramway, alimenté par des panneaux photovoltaïques, est mis en circulation, ils viennent de plus en plus passer une tête. À l’initiative de Fardeen, pourtant à la pointe de la technologie, ces dîners sont high-tech free: pas de smartphones ou d’assistants vocaux, en famille, on reste "IRL" (in real life – dans la vraie vie) ! 
En chiffres : En l’absence de coût de chauffage et grâce aux nouvelles infrastructures, connectées, de la ville ainsi qu’au développement des énergies renouvelables, le niveau d’émission de la famille Bachchan reste modéré et aligné sur la trajectoire préconisée par le GIEC.
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Béatrice Héraud @beatriceheraud 
*Ce portrait, ainsi que ceux de la série Tour du monde de la transition, sont fictifs et issus des travaux Our Life 21 du think tank 4D qui entendent modéliser les évolutions de comportements de familles de différents pays dans le but d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat mais aussi les Objectifs de développement durable. Ceux-ci se basent sur les contributions des différents pays présentés par chaque pays lors de la COP21 et donc sur des objectifs plus volontaristes que les tendances actuelles, même si certains objectifs pourront être réhaussés. 

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