Peu à peu, l’économie britannique se contracte. Si l’annonce des résultats du vote, en 2016, n’a pas causé l’effondrement redouté, c’est aujourd’hui que les conséquences se font sentir, avec une chute de la consommation, des entreprises emblématiques qui font faillite et une croissance qui marque le pas. Toute la semaine, Novethic décrypte les conséquences du Brexit sur la société britannique.
Côté entreprises, les mauvaises nouvelles s’enchaînent aussi. Début octobre, SIG Roofing, une entreprise du BTP, a indiqué aux marchés financiers que ses résultats seraient bien moins bons qu’attendus, du fait de la baisse de la demande. Le mois précédent, Thomas Cook, l’un des plus anciens voyagistes du monde aux 21 000 salariés, mettait la clé sous la porte. Au printemps, c’est British Steel qui faisait faillite. À chaque fois, les incertitudes liées au Brexit ont été mentionnées pour expliquer les difficultés de ces grandes entreprises britanniques.
Une chute progressive
"L’effondrement économique prédit par beaucoup d’observateurs sur les conséquences du vote "leave" au referendum ne s’est pas matérialisé, écrivent les analystes de Standard & Poor’s dans un rapport. Mais le referendum a quand même eu un impact négatif." La chute de l’économie a été progressive, moins perceptible au départ, mais avec des effets retentissants aujourd’hui. Selon l’agence de notation américaine, l’économie du Royaume-Uni a perdu entre 2,4 et 3,4 % de PIB entre 2016 et 2018.
L’avenir n’apparaît pas beaucoup plus réjouissant. En cas de sortie sans accord, le PIB britannique pourrait chuter de 2,8 % en 2020, avant d’entamer une récupération lente. En cas d’accord, la baisse devrait être moins sévère, mais le niveau de l’économie devrait néanmoins rester en dessous de ce qu’il aurait été sans Brexit.
Boris Johnson leur a répondu par une lettre ouverte le 17 octobre, après l’annonce de son accord avec la Commission européenne, assurant que le Royaume-Uni pouvait désormais sortir de l’Union européenne de manière amicale. Pas sûr que cela suffise à les rassurer.
Arnaud Dumas, @ADumas5