[Génération climat] Rencontre avec les jeunes grévistes, des militants autodidactes et novices

Des membres de Youth for Climate France sont intervenus aux côtés de Greta Thunberg, le 23 juillet dernier à l'Assemblée nationale. - @Youth for Climate France
Des membres de Youth for Climate France sont intervenus aux côtés de Greta Thunberg, le 23 juillet dernier à l'Assemblée nationale. – @Youth for Climate France

Ce vendredi 20 septembre, de Kaboul à Rio en passant par Kinshasa, ils seront des milliers à sécher les cours pour descendre dans la rue et réclamer une accélération de la lutte contre le changement climatique. En Europe, 1 240 actions sont prévues dans 37 pays dont la France. Novethic est allé à la rencontre de ces jeunes pour le deuxième épisode de notre série consacrée à cette génération qui se bat pour le climat. 

Cette manifestation, plus qu’aucune autre, restera gravée dans sa mémoire. Car c’est aux côtés de la célèbre Greta Thunberg, instigatrice des grèves mondiales pour le climat, que Côme Girschig va défiler dans les rues de New York ce vendredi 20 septembre, avant d’assister le lendemain au sommet onusien de la Jeunesse pour le climat. Le jeune homme de 24 ans a été choisi parmi 7 000 candidats pour représenter la jeunesse française avec cent autres "champions du climat".
Son déclic, il l’a eu pendant la COP21 organisée à Paris en 2015. "Je n’y ai même pas mis les pieds", avoue-t-il. "Mais ce qui m’a interpellé c’est que dans les kiosques, tous les journaux ne parlaient que de ça. Alors j’ai commencé à creuser le sujet sous l’angle scientifique et j’ai pris conscience de l’urgence", raconte cet ancien élève des Ponts et Chaussées et de Sciences Po.
Je ne sacrifie pas ma jeunesse, je la réalise
Depuis, il multiplie les engagements. Pendant la campagne présidentielle, il a fait du porte-à-porte pour sensibiliser les candidats à la primaire, puis il est devenu observateur des négociations climatiques à l’ONU dans le groupe des jeunes (Youngo), et jeune délégué français pour le climat pendant un an et demi. Son association, "Les jeunes ambassadeurs pour le climat", intervient dans les collèges et lycéens pour sensibiliser les plus jeunes et faire naître en eux l’envie d’agir. Tous les vendredis, il n’a pas non plus hésité à sécher les cours. 
"Tout ça me prend évidemment beaucoup de temps mais je ne peux pas me résoudre à l’idée qu’on ne va pas y arriver", explique-t-il. "C’est tellement puissant de sentir cette dynamique, quand on se retrouve tous ensemble dans la rue. C’est comme un bon concert, il y a une vibration collective. Je n’ai pas l’impression de sacrifier ma jeunesse mais au contraire de la réaliser."
Léo, 16 ans, en première à Wissembourg (Alsace), près de la frontière allemande, reconnaît ne plus beaucoup dormir depuis quelques mois. "Le sujet ne m’intéressait pas avant d’entendre un discours de Greta Thunberg sur Internet", raconte ce membre particulièrement actif de Youth for Climate. "Puis j’ai passé beaucoup de temps à me cultiver sur le sujet via Internet. Le 16 mars dernier, c’était ma première manifestation. On était 6 000 à Strasbourg, c’était incroyable, on était tous euphoriques !"
Aller loin pour gagner le combat climatique
Pour beaucoup de jeunes, la première grève mondiale pour le climat, organisée le 16 mars, a constitué un tournant. C’était pour la plupart leur première manifestation. Depuis, ils n’en manquent plus aucune et assurent être prêts à aller loin pour gagner le combat climatique. C’est le cas d’Émilie, une étudiante parisienne de 20 ans en Sciences de la vie et de la terre, qui a rejoint Youth for Climate France cet été.
En quelques semaines, elle a vite appris les arcanes du mouvement : discussions sur la plateforme d’échange Discord, assemblées générales hebdomadaires, actions de désobéissance civile, clean walk… De cette semaine mondiale de mobilisation pour le climat qui débute ce vendredi, elle espère qu’il y aura enfin des mesures concrètes même si elle craint les effets d’annonce. En attendant, elle a du pain sur la planche puisque c’est elle qui gère – bénévolement – le compte twitter du collectif.
Léo de son côté va poursuivre son travail de plaidoyer pour convaincre la ville de Strasbourg de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 70 % d’ici 2030 tandis que Côme peaufine un projet de déclaration, sur le format d’une résolution onusienne. Elle devrait être publiée à l’issue du Sommet de la jeunesse pour le climat. Les sorties, les copains ou les séries sur Netflix peuvent bien attendre.
Concepcion Alvarez, @conce1
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