[Mis à jour le 13 août] Le climat est devenu un thème politique majeur à travers le monde. Les dernières élections européennes le pouvent et celles à venir aux États-Unis prennent le même chemin. Cette semaine Novethic revient sur cinq domaines clés qui sont profondément transformés par les conséquences déjà visibles ou à venir. Aujourd’hui, focus sur le climat comme thème politique.
En mai dernier, les écologistes sont devenus la quatrième force du Parlement européen, la deuxième chez les Allemands et la troisième chez les Français. Une vague verte qui a bousculé la donne, jusqu’à modifier le programme de la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. Pour assurer son élection par les députés, cette conservatrice pur jus a mis sur la table un Green deal ambitieux à mettre en œuvre dès les 100 premiers jours de son mandat, qu’elle entamera en novembre prochain.
En attendant, la poussée écologiste incite aussi le gouvernement français à remettre la question climatique en avant. Le 12 juin, dans sa déclaration de politique générale aux députés, le Premier ministre, Édouard Philippe, assurait faire de l’ambition écologique la priorité de l’acte 2 du quinquennat. Mais le gouvernement peine à convaincre sur la réalité de l’action. Malgré des discours climatiques forts -incarnés par le fameux "Make our planet great again"- dès son début de mandat, l’action climatique et environnementale d’Emmanuel Macron n’est jugée positive que par 24 % des Français consultés par un sondage Ifop publié par le JDD fin juillet.
Le climat, au cœur de la campagne présidentielle américaine
Outre-Atlantique, le climat est également en passe de devenir l’un des thèmes de la prochaine campagne présidentielle. Déjà très présent dans la primaire démocrate en cours, notamment via le Green New Deal porté par la branche la plus à gauche incarnée par la très médiatique Alexandria Ocasio-Cortez (mais non candidate), le climat pourrait faire la différence lors du match final avec Donald Trump.
Car ces dernières années, la multiplication des événements climatiques extrêmes (ouragans, incendies, inondations…) a marqué les Américains jusqu’à changer leur opinion sur le changement climatique. Ils sont désormais près d’un quart à s’en inquiéter fortement, trois fois plus qu’il y a trois ans, selon une étude de l’université de Yale. Un sondage Washington Post-ABC publié début juillet montrait ainsi que seuls 29 % des Américains interrogés soutiennent la politique climatique gouvernementale.
Donald Trump, en course pour un deuxième mandat à la Maison Blanche, est obligé de s’aligner sur l’écologie, malgré son climatoscepticisme. Selon le New York Times, sans cela, il va perdre le vote des millenials et des femmes. C’est ainsi que le 8 juillet, le Président américain a été poussé par ses conseillers à tenir un discours vantant la réussite environnementale des États-Unis. Pourtant, à cette occasion, Donald Trump n’a pas prononcé le mot climat et a remis en cause de nouveau l’Accord de Paris.
Béatrice Héraud @beatriceheraud