Deux tiers des sources de production d’ammoniac dans l’atmosphère d’origine humaine étaient inconnues. Elles sont liées à l’agriculture intensive et à la fabrication d’engrais. Cette source de pollution, sous-estimée jusqu’alors, est problématique car elle participe à la présence de particules fines dans l’atmosphère, à la destruction des écosystèmes et au réchauffement.
C’est une carte qui dévoile une mauvaise surprise. Une grande partie des sources anthropiques d’ammoniac étaient ignorées. C’est le travail de chercheurs du CNRS et de l’université libre de Bruxelles (Belgique) qui a permis cette découverte. Leur étude a été présentée dans la revue Nature du 5 décembre.
Les chercheurs ont compilé dix années de mesures issues d’Interféromètres, des outils de sondages infrarouges, embarqués à bord de trois satellites. "En combinant cette carte avec des images satellites, ils ont mis en évidence et catégorisé 241 sources localisées d’ammoniac liées à l’activité humaine, dont 83 liées à l’agriculture intensive et 158 à l’activité industrielle (fabrication d’engrais, ndr)", rapporte le CNRS.
La Vallée du Gange en première ligne
D’une part, à partir de ces chiffres, l’étude conclut que non seulement deux tiers des sources d’ammoniac étaient inconnues jusqu’alors. D’autre part, les chercheurs constatent que les émissions provenant de sources connues sont très largement sous-estimées dans les inventaires actuels. La zone la plus touchée est la vallée du Gange où des taux records sont trouvés dans le nord de l’Inde et le Pakistan. Cette zone combine à la fois élevage intensif et production d’engrais.
"En raison de son rôle important dans la formation de particules, l’ammoniac atmosphérique affecte la qualité de l’air et a des conséquences pour la santé et l’espérance de vie. L’excès d’ammoniac dans l’environnement contribue également à l’acidification et à l’eutrophisation des écosystèmes et au changement climatique", expliquent les auteurs de l’étude.
Ludovic Dupin, @LudovicDupin