Emmanuel Macron lance l’Appel de Paris pour éviter une cyberguerre mondiale

le 12 Novembre, Paris a accueilli une conférence internationale sur la gouvernance d'Internet. - @LudovicMarin/AFP
le 12 Novembre, Paris a accueilli une conférence internationale sur la gouvernance d'Internet. – @LudovicMarin/AFP

La multiplication des cyberattaques dans le monde pousse les États et les entreprises à s’organiser et à se coordonner afin d’éviter qu’Internet ne devienne une vaste zone de guerre. C’est le sens de l’Appel de Paris lancé par Emmanuel Macron et regroupant 370 États, ONG et entreprises… Mais que Washington, Pékin et Moscou n’ont pas rejoint.

À l’occasion du Forum sur la gouvernance d’Internet qui se tenait à Paris le 12 novembre, le Président français a présenté un "appel de Paris" signé par 370 États, ONG ou entreprises, pour la sécurité du cyberespace, frappé ces dernières années par des attaques informatiques particulièrement massives. La Chine, la Russie et le gouvernement fédéral américain ne l’ont pas signé, mais "une masse critique" d’acteurs américains comme Microsoft l’ont paraphé, a indiqué l’Elysée.
L’appel vise à relancer des discussions sur un code international de bonne conduite sur Internet. Celles-ci sont au point mort depuis 2017, lorsqu’un groupe d’experts mis en place à l’ONU s’est séparé sur un constat d’échec, du fait des divergences entre les grandes puissances de la planète. 
"Cet Appel de Paris est un vrai tournant dans la façon d’affronter les problèmes de cybersécurité dans le monde", a déclaré Brad Smith, président de Microsoft. "Le seul moyen de protéger la cybersécurité à l’avenir est que tout le monde travaille ensemble, les gouvernements, le secteur des technologies et la société civile", a-t-il estimé, lors d’une rencontre dimanche avec des journalistes.
Éviter la guerre d’Internet
Les signataires de l’Appel de Paris se déclarent notamment "résolus à agir de concert" pour empêcher les cyberactivités malveillantes "qui causent des dommages importants, sans discernement ou systémiques". Ils s’engagent à développer les capacités pour "empêcher des acteurs étrangers de perturber des processus électoraux".
Ils promettent également d’empêcher des acteurs privés de répliquer aux attaques informatiques par d’autres attaques informatiques, au risque de provoquer un embrasement général. "Il faut des accords pour éviter la guerre numérique qui serait catastrophique", a souligné le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, en faisant le parallèle avec les armes nucléaires.
En parallèle, Emmanuel Macron a appelé à trouver une voie entre "l’Internet californien", dominé par de grands acteurs "qui ne sont pas démocratiquement élus", et "l’internet à la chinoise, avec un gouvernement qui contrôle" dans le cadre d’un système "hégémonique".
Des experts français chez Facebook
Pour chercher cette voie intermédiaire, la France va notamment mener une expérimentation avec Facebook sur la question des contenus haineux, l’utilisation des réseaux sociaux pour propager la haine et attiser la violence, a-t-il annoncé.
Pendant six mois, Facebook va ouvrir ses portes à un groupe d’une demi-douzaine de fonctionnaires français, qui vont aller regarder de près comment le géant américain filtre les contenus haineux. Ces experts "auront pour mission avec ceux de la plateforme de faire des recommandations conjointes précises et concrètes sur la lutte contre les contenus haineux et offensifs", a indiqué le président de la République.
Le géant américain a indiqué de son côté que le groupe d’experts français se rendrait "sur différents sites de Facebook autour du monde, dont probablement Dublin et la Californie". "Le meilleur moyen de s’assurer qu’une régulation est intelligente et fonctionne (…) est que les gouvernements, les régulateurs et les entreprises travaillent ensemble", a indiqué Nick Clegg, nouveau directeur mondial des affaires publiques de Facebook.
Ludovic Dupin avec AFP

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