Le toit du monde fond sous l’effet du changement climatique et c’est un désastre

L'alimentation de l'Indus, au Pakistan, dépend de la fonte saisonnière des glaciers. - Doma SHERPA / AFP
L'alimentation de l'Indus, au Pakistan, dépend de la fonte saisonnière des glaciers. – Doma SHERPA / AFP

Les grands glaciers de la région montagneuse de l’Hindou Kouch Himalaya, comptant les plus hauts sommets du monde comme l’Everest et le K2, subissent de plein fouet le réchauffement climatique. En fondant, ils modifient l’écosystème des régions avoisinantes et menacent l’accès à l’eau de plus de 1,65 milliard d’être humains. 

"Le toit du monde prend l’eau". Voilà comment le National Geographic résume la désastreuse situation des glaciers de l’Himalaya. "Survolez l’Everest en avion et vous dominerez une mer de pics blancs déchiquetés s’étendant jusqu’à l’horizon", décrit le journal. 
En février dernier, une vaste étude qui a mobilisé plus 350 chercheurs et experts, dirigée par l’International Centre for Integrated Moutain Development (ICIMOD), une organisation intergouvernementale établie à Katmandou (Népal), avait alerté de la situation. Selon les chercheurs, la région montagneuse de l’Hindou Kouch Himalaya (HKH), comptant les plus hauts sommets du monde comme l’Everest et le K2, serait menacée par le réchauffement climatique. Elle établissait que, même si le monde réussissait à contenir la hausse des températures à 1,5 °C, le HKH perdrait un tiers de ses glaciers.
Preuve concrète de ce désastre, avec la fonte des glaces, de plus en plus de cadavres d’alpinistes morts qui ont tenté l’ascension de l’Everest sont découverts. "Plus de 4 800 personnes ont escaladé le mont Everest depuis la première tentative d’ascension en 1921, et près de 300 de ceux-ci, alpinistes et sherpas, y ont laissé la vie. Les deux tiers de ces corps seraient encore enterrés dans la neige et la glace", raconte Radio Canada dans une enquête. 
1,65 milliard de personnes concernées 
Et cette fonte des glaces pourrait avoir des conséquences bien plus désastreuses sur les populations locales. Dans une étude publiée dans PNAS en janvier 2020, des chercheurs ont estimé qu’environ 5 000 lacs dans l’Himalaya étaient instables à cause d’une accumulation de l’eau et d’une possible rupture des moraines, ces digues naturelles formées de roches et de saletés maintenues par la glace. "Les conséquences pour les peuples de la région, déjà l’une des régions de montagnes les plus fragiles et à risques du monde, iront d’une aggravation de la pollution de l’air à une augmentation des événements climatiques extrêmes", a mis en garde Philippus Wester, le responsable de l’étude de l’CIMOD.
Plus de 1,65 milliard d’êtres humains sont concernés car installés dans les bassins fluviaux qui dépendent des grands fleuves de l’Hindou Kouch. "L’Asie est confrontée à trois défis en lien avec l’eau: son insuffisance dans certains pays, dont l’Inde et la Chine, sa raréfaction en raison du changement climatique, et le regroupement des populations et des villes sur les rives de fleuves déjà vulnérables", résume Debra Tan, directrice de l’ONG China Water Risk.
Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

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