Accusé d’avoir vendu 8 000 tonnes de lait « potentiellement contaminé » aux salmonelles, Lactalis réfute

Une partie de la production de l'usine Craon de Lactalis aurait été commercialisée après la découverte d'une contamination à la salmonelle. - @AFP
Une partie de la production de l'usine Craon de Lactalis aurait été commercialisée après la découverte d'une contamination à la salmonelle. – @AFP

[Mis à jour le 24 octobre] L’entreprise Lactalis aurait continué à vendre 8 000 tonnes de lait en poudre sortant de l’usine de Craon (Mayenne), épicentre d’une contamination de dizaines d’enfants à la salmonelle, en fin d’année dernière, révèle le Canard Enchaîné. lactalis assure que le lait vendu provenait d’un circuit indépendant. 

Le Canard Enchainé a consulté des "documents fournis par la préfecture de Mayenne" récemment rendus publics. "La décision de laisser consommer les 8 000 tonnes de poudre nous a surpris, parce qu’à l’époque on ne savait pas si la tour produisant le lait pour les adultes était elle aussi contaminée. C’était prendre un risque inutile pour la santé publique", a confié au Canard Enchaîné un fonctionnaire de la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).
"Il y a une procédure judiciaire en cours par rapport aux faits qui concernaient le lait infantile. Si jamais Lactalis a essayé de frauder par rapport aux consignes qui lui avaient été données, évidemment elle doit être condamnée", a réagi le ministre de la Transition écologique François de Rugy, interrogé sur LCI.  
Découverte inquiétante
L’Association des familles victimes du lait contaminé à la salmonelle (AFVLCS) qui a également eu accès à ces dossiers, a dénoncé "de nouvelles découvertes pour le moins inquiétantes". "Alors que tous les produits infantiles fabriqués à l’usine de Craon depuis avril 2017 ont été retirés et rappelés de la vente, suspectés d’être contaminés aux salmonelles, la poudre de lait fabriquée dans la même usine à la même période et destinée aux préparations industrielles a été écoulée", a assuré l’association dans un communiqué.
"Pourquoi les services de l’État se sont-ils limités aux produits infantiles ? Pourquoi Lactalis n’a-t-il pas procédé comme pour les produits infantiles aux retraits/rappels de ces produits potentiellement contaminés aux salmonelles ?", s’interroge le président de l’AFVLCS, Quentin Guillemain, dans le même texte.

Dans la matinée du 24 octobre, l’industriel a réagi? Selon l’entrepris les 8 000 tonnes ne proviennent pas de la même tour de séchage que les laits infantiles responsables de la salmonellose.  Ces laits en poudre pour adultes ont été fabriqués dans "la tour 2 non objet de la contamination et conditionnées sur un circuit d’ensachage indépendant", a expliqué le groupe dans un communiqué.
Par ailleurs, l’entreprise "condamne fermement" des "accusations sans fondement", dans son communiqué, a souligné que le phénomène de contamination a "toujours été limité à la tour 1". 

Autorisation le 18 septembre
Fin 2017, 36 nourrissons ont été atteints de salmonellose après avoir bu du lait infantile des marques Picot et Milumel produit dans l’usine de Craon, un scandale sanitaire dont la gestion a été pilotée au plus haut niveau de l’État.
Le ministère de l’Agriculture, Stéphane Travert (remplacé depuis par Didier Guillaume) a annoncé le 18 septembre que le groupe, numéro un mondial du lait, avait été à nouveau autorisé à commercialiser la poudre de lait infantile produite dans cette usine, neuf mois après le début du scandale sanitaire.
La Rédaction avec AFP

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