Donald Trump supprime des restrictions environnementales pour booster le charbon

La nouvelle directive de Donald Trump permet aux États d'augmenter librement leurs émissions de gaz à effet de serre. - Coal Saul Loeb / AFP
La nouvelle directive de Donald Trump permet aux États d'augmenter librement leurs émissions de gaz à effet de serre. – Coal Saul Loeb / AFP

[Actualisé le 22 août] Le Président Trump a annoncé mardi 21 août de futures réglementations destinées à relancer les centrales à charbon. Désormais les États pourront définir eux-mêmes les normes en matière de pollution. Mais cette ressource très polluante est de moins en moins compétitive et cette relance politique ne signifie qu’elle va ressusciter. 

C’était l’une des promesses de campagne du candidat Trump, le Président a tenu parole. A l’occasion d’un déplacement en Virginie occidentale, un des principaux États américain producteurs de charbon, il a annoncé une série de mesures destinées à relancer la production de ce combustible, fortement émetteur de gaz à effet de serre et de dioxyde de souffre. 
Dans l’ombre, les pions auraient déjà été avancés. Selon le Wall Street journal, Andrew Wheeler, le directeur par intérim de l’Agence de protection de l’environnement, et ancien lobbyste de l’industrie minière, a déjà signé une directive annulant les restrictions d’émissions de gaz à effet de serre visant les centrales thermiques à charbon.
Les États définiront leurs propres règles en matière de pollution
L’objectif est, in fine, de permettre à chaque État de définir ses normes en matière de pollution. Voire de les supprimer complètement. Une aubaine pour les industriels du charbon, défendus ardemment par Donald Trump. C’est une "révision radicale des règles" environnementales imposées aux centrales à charbon sous le mandat de Barack Obama, estime le Los Angeles Times.
De fait, l’ancien président avait lui, au contraire, proposé un plan ambitieux appelé le Clean Power Plan. Il devait réduire de 32 % les émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 2005. Le Plan devait entraîner la fermeture de nombreuses centrales à charbon, les plus anciennes et les plus polluantes. Mais il a été bloqué en février 2016 par la Cour suprême, saisie par une trentaine d’États majoritairement républicains puis abrogé par Trump en octobre 2017.
"Un plan d’augmentation du dioxyde de carbone"
La relance du charbon "est un plan d’augmentation du dioxyde de carbone", a déclaré au Financial Times Joseph Goffman, l’un des principaux architectes du Clean Power Plan, "ils sont prêts à pervertir la loi sur la qualité de l’air à cette fin". Le plan ne va cependant pas pouvoir s’appliquer immédiatement. Les experts juridiques prévoient des années de délais en raison de probables obstacles juridiques et de délais légaux. Plusieurs associations environnementales ont d’ores et déjà annoncé qu’elles iraient devant les tribunaux pour faire annuler cette directive.
Reste que le charbon ne représente aujourd’hui qu’un tiers de la consommation d’électricité aux États-Unis contre la moitié il y a dix ans. Malgré le soutien de l’administration Trump 40% du parc de centrales à charbon existant en 2010 est fermé ou est en passe de l’être, selon les chiffres de l’American Coal for Clean Coal Electricity.
En cause, le développement des énergies renouvelables mais surtout le gaz naturel, plus compétitif. "Manifestement, le président fait appel à sa base en parlant de relancer le charbon", a déclaré David Doniger, ancien directeur de la politique climatique de l’EPA sous Clinton, "mais les politiques ne vont pas ramener le charbon". 
Marina Fabre @fabre_marina 

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